Les ministres de la Pêche des pays de l’Union européenne se réunissent lundi 14 novembre à Bruxelles pour débattre du plan pluriannuel de gestion de stocks de poissons démersaux en mer du Nord et pour fixer les limites de captures 2017 et 2018 pour les stocks de poissons d'eau profonde.
Les espèces d’eau profonde représentent environ 1% du poisson capturé dans l’Atlantique du Nord-Est. Au fil des années, l’activité de pêche et les emplois liés à cette activité ont décliné, à mesure que les stocks s'amenuisaient.
La Commission a proposé de généralement réduire les quotas 2017-2018 (EUROPE 11640). Pour le sabre noir, la baisse proposée est de 15% par an. Or, les pays intéressés (dont Espagne, Portugal, Lettonie) demandent une baisse moins importante du total admissible de captures (TAC). Pour la dorade rose (baisse de 20% proposée par la Commission), le Portugal, l’Espagne et la France réclament une baisse moins importante des prises. La baisse de 25% en 2017 proposée par la Commission pour le grenadier de roche est jugée excessive par les pays concernés par le stocks, comme l’Espagne et la France.
Les ministres auront un débat sur le nouveau plan de gestion multiespèces en mer du Nord, au sujet duquel la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l’UE pose problème (EUROPE 11645). La Commission a présenté, au début du mois d'août dernier, une proposition établissant un plan pluriannuel de gestion des stocks de poissons démersaux (cabillaud, églefin, plie, lieu noir, sole, merlan et langoustine) de la mer du Nord (EUROPE 11606).
Stocks à quotas limitants. Le groupe régional sur les eaux occidentales septentrionales évoquera un problème qui découle de la règle sur la fin des rejets en mer (qui se traduit par une obligation de débarquer toutes les captures). En effet, les ‘stocks à quotas limitants’ obligeront les pêcheurs à cesser leur activité dès que le quota (pour le stock le plus limitant) sera épuisé. Des conséquences économiques et sociales négatives sont attendues pour l’industrie de la pêche.
Enfin, la Commission attirera l’attention des ministres sur l’urgence de respecter certaines conditions ex ante spécifiques prévues dans le règlement sur le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) : - présentation d’un rapport sur la capacité de pêche et d’un plan stratégique national pluriannuel sur l’aquaculture ; - capacité administrative avérée en matière de données sur la pêche et en matière de contrôle et d’inspection. Des plans d'action doivent être présentés par les pays pour s'assurer du respect de ces conditions ex ante. (Lionel Changeur)