Après une semaine de négociations climatiques entre experts, c’est lundi 14 novembre que la COP 22, baptisée ‘la COP de l’action’, entrera dans sa phase ministérielle, à Marrakech, tandis que se multiplieront les événements pour capitaliser sur les initiatives lancées à Paris lors de la COP 21. La première réunion de l’organe de direction des parties à l’Accord de Paris est prévue mardi 15 novembre.
C’est fort d’un nouveau rapport, montrant que l’UE avait, en 2015, atteint une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 22% par rapport à 1990 - une réduction supérieure à son objectif 2020 (-20%) et de bon augure pour la réalisation de celui fixé pour l’horizon 2030 (-40% au moins) -, que le commissaire européen à l’Action pour le climat, Miguel Arias Cañete, et le Président en exercice du Conseil de l'UE, László Sólymos, s’envoleront pour Marrakech (EUROPE 11661).
Ce rapport de la Commission au Parlement et au Conseil 'sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris - progrès accompli dans la réalisation de l’objectif minimal d’une réduction de 40% des émissions', publié le 8 novembre, montre que dans le même temps (1990-2015), l’UE a connu une croissance économique de 50%. La part de l’UE dans les émissions mondiales a, elle aussi, progressivement reculé. Selon les informations les plus récentes, elle était de 8,8 % en 2012. Seul bémol : le rapport montre aussi qu’en 2015, les émissions ont connu un rebond de 0,7% à cause d’une augmentation des émissions du transports et du chauffage (contre une réduction de 4 % en 2014, année où l’hiver fut particulièrement clément) alors même que les émissions industrielles ont poursuivi leur baisse.
« Nous avons de nouveau montré qu’action pour le climat et croissance économique peuvent aller de pair », s’est félicité M. Cañete, en rappelant que de nouvelles propositions législatives sont sur la table pour compléter le dispositif et que d’autres seront présentées d’ici à la fin de l’année pour l’efficacité énergétique et les renouvelables.
Pour autant, les appels se multiplient pour que l’UE, comme l’ensemble des parties, revoie à la hausse son niveau d’ambition, a fortiori après la victoire de Donald Trump qui a fait l’effet d’un pavé dans la mare (EUROPE 11664).
Ces appels émanent notamment du Parlement européen, qui, de longue date, plaide pour que l’UE vise au moins aussi 40% d’efficacité énergétique et 40% d’énergie renouvelable dans la consommation totale d’énergie à l’horizon 2030.
L'enjeu majeur est de viser 1,5 degré celsius, souligne l'ONG Climate Action Tracker dont une nouvelle analyse publiée jeudi 10 novembre montre que peu a été fait depuis l'Accord de Paris et que le monde est sur la trajectoire d’un réchauffement compris entre 2,8°C et 3,1°C.
Journée des Océans samedi. Le commissaire européen à l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, Karmenu Vella, présentera, à la journée mondiale d’action pour les océans, samedi, la communication que vient d’adopter la Commission sur la gouvernance des océans (voir autre nouvelle). Sur les 50 actions qu’elle propose, certaines visent à réduire la pression des activités humaines et l’impact du changement climatique sur les océans, mais aussi à lutter contre la pollution par la « mer de plastique » en provenance notamment des déchets des navires. Une nouvelle stratégie de gestion des plastiques sera proposée en 2017, a annoncé le commissaire jeudi.
Après la journée des villes, des communes et des régions qui s’est déroulée le 10 novembre à Marrakech, le Comité des régions compte bien poursuivre la mobilisation, la semaine prochaine à Marrakech, pour montrer que l’action de ces acteurs locaux sera déterminante pour rester sur la voie des 2°C, et viser les 1,5°C (Aminata Niang)