Dans son rapport de suivi 2016 sur le Kosovo, la Commission européenne a appelé tous les partis politiques à faire preuve de responsabilité et à s’engager dans un dialogue constructif au Parlement, « principal forum de débat politique », alors que la polarisation entre le gouvernement et l’opposition s’est poursuivie cette année.
Le fonctionnement normal du Parlement a été empêché pendant plusieurs mois, notamment par l'utilisation de moyens violents par les membres de l'opposition. La Commission a cependant salué, dans son rapport, le récent retour des membres de l'opposition aux activités parlementaires.
Si des progrès ont été accomplis dans la réforme de l’administration publique, la poursuite de la politisation de cette administration demeure une grave préoccupation pour l’UE. Le pouvoir judiciaire est, lui aussi, toujours vulnérable à une influence politique excessive et les institutions de l'État de droit souffrent d'un manque de financement et de ressources humaines, ajoute le rapport.
Le Kosovo a aussi renforcé ses capacités institutionnelles de lutte contre la corruption et la criminalité organisée. Mais, selon la Commission, les efforts doivent s'accompagner d'une forte volonté politique pour remédier de manière globale à la corruption, toujours très répandue. La lutte contre le crime organisé manque, elle aussi, d’un « engagement politique stratégique ».
Bien que des progrès aient été accomplis dans le domaine des droits de l'homme, « la protection des droits des personnes appartenant à des minorités et des personnes handicapées doit être considérablement renforcée », prévient la Commission.
Sur les relations avec la Serbie, le rapport souligne que « les progrès ont été limités, notamment en raison du processus électoral en Serbie et de la situation intérieure au Kosovo » et « des efforts continus sont nécessaires pour mettre en œuvre les accords déjà conclus ».
L’accord de stabilisation et d’association UE-Kosovo est entré en vigueur le 1er avril 2016 et le Kosovo a aussi avancé, depuis un an, dans le processus de libéralisation des visas. (Camille-Cerise Gessant)