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Bulletin Quotidien Europe N° 11645
POLITIQUES SECTORIELLES / Jai

La Commission de plus en plus ouverte à l'idée de se montrer flexible sur la réforme du système d'asile

Les pays de l’Est de l’UE, réunis notamment dans le groupe dit de Visegrad, ont à nouveau exprimé, jeudi 13 octobre, leur refus de voir s’imposer des quotas obligatoires d’accueil des demandeurs d’asile et de réfugiés et ont obtenu un certain soutien de la Commission européenne qui s’est dite ouverte à discuter des nouvelles propositions sur l’asile.

À l’occasion d’un débat public sur la réforme du système d’asile et sur les nouvelles propositions de la Commission concernant l’accès des services de police à Eurodac, le Bureau européen d’appui en matière d’asile, ou encore sur le futur programme européen de réinstallation, plusieurs de ces pays, notamment la Pologne et la Hongrie, ont fait valoir que la solidarité ne pouvait pas être obligatoire et qu’il fallait veiller également aux facteurs d’attrait des migrants.

Selon le ministre polonais, Mariusz Blaszczak, la position de la Commission a désormais clairement changé en faveur des pays de Visegrad, le ministre s’appuyant sur les déclarations récentes de Jean-Claude Juncker selon lequel la solidarité ne peut pas être imposée.

De solidarité flexible - le fameux concept dévoilé par les pays de Visegrad en juillet dernier à Bratislava - il en a été question lors de cette réunion, mais aucune proposition concrète n’a encore été mise sur la table. Selon le ministre de l’Intérieur slovaque, Robert Kalinak, il s’agit d’un ensemble d’options et des propositions seront bientôt formulées. Le ministre a  fait remarquer que plusieurs pistes avaient déjà été évoquées ces derniers temps, en l’occurrence, l’aide financière ou l’aide à la surveillance des frontières communes, pistes que le ministre n’a toutefois pas citées telles quelles.

Le ministre slovaque et le commissaire européen Dimitris Avramopoulos semblaient en tout cas confiants, à l’issue de la réunion, dans le fait qu’un compromis sur le futur régime d’asile serait bientôt possible, peut-être même d'ici la fin de l'année.

Les ministres ont eu par ailleurs l’occasion jeudi de soutenir l’extension de l’accès des services de police à la base de données Eurodac (empreintes digitales des demandeurs d’asile) et de dresser l’état des lieux des mesures qu'ils ont prises pour répondre à la crise migratoire de l’année 2015. Ils ont notamment discuté d’un rapport faisant état de plusieurs lacunes, comme l’a publié Statewatch sur son site Internet. Ainsi, le rythme de relocalisations de demandeurs d’asile, bien qu’en progression au mois de septembre, reste trop lent pour alléger la pression sur les deux principaux pays concernés, la Grèce et l’Italie, qui reçoivent toujours des flux relativement importants. Par ailleursles États membres montrent aussi une certaine « fatigue » à répondre aux appels des agences européennes en experts pour traiter les dossiers sur le terrain. C’est le cas de l’agence EASO, le Bureau européen d’appui en matière d’asile, qui se trouve débordé et dans une situation « critique », indique ce rapport. Frontex et Europol ont aussi fait part de cette 'fatigue' et des difficultés à voir leurs appels en personnel satisfaits.

Enfin, alors que certains États membres rejettent des demandes de relocalisation « parfois sans aucune justification » ni aucun lien avec les décisions adoptées en 2015, note le rapport, les capacités de la Grèce sont plus que limitées et restent « un sérieux problème ». (Solenn Paulic)

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