Dans l’intérêt de la santé publique et de l’environnement, il faut éliminer l'utilisation du mercure dans l’UE, ont dit les députés membres de la commission de l’environnement du Parlement européen, jeudi 13 octobre à Bruxelles.
Suivant son rapporteur, Stefan Eck (GUE/NGL, allemand), sur la révision du règlement européen relatif au mercure (et abrogeant le règlement 1102/2008), les députés se sont prononcés pour une interdiction, d’ici à décembre 2022, des amalgames dentaires contenant ce métal lourd hautement toxique - sauf avis médical contraire - et pour la stabilisation des déchets du mercure à l’état le moins dangereux avant un stockage permanent selon des règles strictes.
Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais), ravi de ce résultat, a rappelé que la dentisterie utilise plus de 75 tonnes de mercure par an, soit 24% du mercure utilisé dans l’UE, et que cette substance se retrouve dans l’eau. « Nous ne pouvons pas continuer à tolérer ce risque sanitaire quand il existe déjà des alternatives qui ont fait leurs preuves. De fait, 66% des amalgames dentaires à ce jour sont déjà dépourvus de mercure », a-t-il fait observer.
« Le Parlement est à l’avant-garde de la protection des citoyens contre les effets néfastes du mercure sur la santé et l’environnement. L’UE doit montrer l’exemple en privilégiant une utilisation raisonnée du mercure et en promouvant les technologies alternatives, mais nous devons accompagner nos entreprises dans cette voie, pas les sanctionner », a déclaré Michel Dantin (PPE français) qui a déploré les « postures idéologiques » de la GUE/NGL.
La révision du règlement vise à aligner la législation de l’UE sur la Convention onusienne de Minamata, signée en 2013 et dont les députés, comme la Commission européenne, préconisent la ratification rapide par l’UE et ses États membres (EUROPE 11482). Des négociations vont débuter avec le Conseil dès la fin de l’année en vue d’une adoption du texte en première lecture et d’une ratification de la Convention au début de 2017. (Aminata Niang)