Bruxelles, 16/07/2015 (Agence Europe) - Gilles de Kerchove, coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, a été reçu, mardi 14 juillet à Tunis, par le chef du gouvernement, M. Habib Essid. Ils ont évoqué, selon des sources tunisiennes, le « renforcement de la coopération euro-tunisienne contre le terrorisme et des mécanismes susceptibles d'éliminer ce dangereux fléau ». L'UE a déjà annoncé sa contribution au financement de programmes spécifiques, notamment des programmes de formation pour les forces de l'ordre.
La lutte antiterroriste fera l'objet sans doute des discussions, lundi 20 juillet, au cours d'un déjeuner en marge de la session du Conseil des ministres de l'UE, avec le ministre des Affaires étrangères tunisien, Taïeb Bacccouche, comme l'a annoncé la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Mme Mogherini, devant le Parlement européen.
Ce thème occupe le centre des débats en Tunisie, soumise à une pression terroriste croissante due notamment à la porosité de ses frontières avec la Libye. Interrogé par une télévision privée locale, le président tunisien, Beji Caïd Essebsi, a estimé que « la Tunisie doit lutter contre le terrorisme avec les moyens du bord qui sont très limités, d'où le recours à l'aide logistique et matérielle des pays frères et amis ». Il a aussi reconnu les failles des services de sécurité comme à Sousse où ceux-ci ont été, selon le président, « lents à intervenir (...) une lacune à laquelle il faut pallier à l'avenir ». Le président tunisien a également reconnu le risque induit par l'existence d'une « sécurité parallèle » et a affirmé qu'une « vaste opération d'assainissement des différents départements du ministère de l'Intérieur est en cours ». Des limogeages de hauts gradés ont été récemment décidés.
Par ailleurs, le président du PSE (Parti socialiste européen), Sergei Stanishev, s'est rendu le 15 juillet à Sousse pour montrer son soutien à la Tunisie qui «a connu deux terribles tragédies dans les derniers mois». Le président du PSE a ajouté: « en ces temps difficiles, il est important que nous montrions notre soutien ». « Nous ne pouvons pas permettre à ces événements horribles d'entretenir un climat de peur et d'isoler un voisin et allié vital de l'UE ». Il devait rencontrer avant la fin de sa visite, jeudi 16 juillet, le chef du gouvernement, Habib Essid, et plusieurs organisations de la société civile. (Fathi B'Chir)