Bruxelles, 16/07/2015 (Agence Europe) - Les crises dans divers secteurs et les conditions économiques difficiles des agriculteurs ont dominé l'échange de vues, jeudi 16 juillet, en commission de l'agriculture du Parlement européen, sur les priorités de la Présidence luxembourgeoise du Conseil.
Sur l'évolution des marchés, Fernand Etgen, le ministre luxembourgeois de l'Agriculture, a dit que le Conseil continuait de suivre de près les effets de l'embargo russe sur les produits agroalimentaires de l'UE, notamment sur le secteur du lait, « pour voir si de nouvelles mesures sont nécessaires ». Le Conseil suit aussi la situation après la fin, le 31 mars dernier, des quotas laitiers.
L'embargo russe « continue d'avoir des effets négatifs sur nos économies et des graves conséquences pour l'agriculture de l'UE, surtout dans les secteurs des fruits et légumes, du lait et de la viande porcine », a rappelé M. Etgen. « Les efforts de l'UE pour stabiliser les marchés et aider les secteurs les plus touchés se poursuivront sous notre Présidence », a dit le ministre. Il a estimé que le Conseil Agriculture de lundi a passé un « message ferme » à la Commission afin que celle-ci accepte de prolonger ou d'étendre les mesures de soutien, avec les financements appropriés, en faveur des secteurs les plus touchés.
L'embargo russe a été évoqué notamment par Albert Dess (PPE, allemand), Paolo De Castro (S&D, italien) et John Stuart Agnew (ELDD, britannique), qui ont souvent reproché à la Commission de ne pas agir suffisamment.
Simplification de la PAC. Le ministre luxembourgeois a indiqué qu'il convenait, à ce stade, de revoir les actes délégués et les actes d'exécution de la Commission sur la nouvelle politique agricole commune. « Nous n'excluons pas d'examiner les actes de base, à un stade ultérieur », a indiqué M. Etgen.
Fruits/lait à l'école. Le Conseil a pris acte du vote du PE en première lecture. L'examen du dossier a été suspendu sous Présidence lettone, car le Conseil avait des réserves sur la base juridique choisie par la Commission et lui avait demandé de la modifier afin de respecter le traité. La Présidence luxembourgeoise est disposée à reprendre les travaux sur ce dossier, au niveau technique et politique. Un compromis est possible, a assuré M. Etgen.
Antimicrobiens. En réponse à une question de notamment Jan Huitema (ADLE, néerlandais), le ministre luxembourgeois a indiqué qu'une conférence aura lieu en octobre prochain sur les mesures à prendre par les agriculteurs et les vétérinaires pour réduire l'usage des antimicrobiens dans l'élevage. L'adoption des deux propositions législatives sur les médicaments vétérinaires et les aliments médicamenteux pour animaux « va créer un cadre réglementaire qui permettra de diminuer la prévalence des résistances antimicrobiennes », a souligné M. Etgen.
OGM. Pour répondre notamment à Martin Häusling (Verts/ALE, allemand), M. Etgen a rappelé que le débat, lundi au Conseil Agriculture, a montré que le sujet des OGM reste très sensible et controversé. Les États membres ont majoritairement déploré l'absence d'étude d'impact accompagnant la proposition. La Présidence luxembourgeoise entend poursuivre les discussions à partir du moment où suffisamment de données seront disponibles.
TTIP. L'agriculture ne doit pas servir de variable d'ajustement pour clore les négociations avec les USA, notamment s'agissant des tarifs, a dit M. Etgen. Les négociations ne doivent pas conduire à un abaissement comparé aux normes européennes élevées et il faut rester vigilant sur les règles en matière d'indications géographiques et de règles d'origine, a ajouté le président en exercice du Conseil.
La Présidence luxembourgeoise a confirmé qu'elle souhaitait assurer la poursuite des négociations entre le PE et le Conseil sur l'agriculture biologique. (Lionel Changeur)