Bruxelles, 16/07/2015 (Agence Europe) - Pour réaliser l'objectif de décarbonisation de l'UE à l'horizon 2050 et soutenir la stratégie horizontale pour le projet d'Union de l'énergie lancé début 2015, la Présidence luxembourgeoise veut favoriser la mise en place d'un système robuste de gouvernance sur l'énergie et le climat et mise sur la coopération régionale, a résumé le ministre luxembourgeois de l'Économie, Etienne Schneider, devant la commission de l'industrie du Parlement européen, jeudi 16 juillet.
La transition vers une économie sobre en carbone en misant sur les renouvelables et l'efficacité énergétique, la sécurité de l'approvisionnement et l'achèvement du marché intérieur sont au centre de l'agenda de travail en matière d'énergie de la Présidence luxembourgeoise au second semestre 2015.
« La politique énergétique de l'UE est à un tournant de son histoire »: malgré les efforts entrepris pour ouvrir les marchés, sécuriser l'approvisionnement, déployer les renouvelables et réduire la consommation, les progrès accomplis n'ont pas suffi à rendre l'UE plus résiliente à l'égard de ses fournisseurs, ni à permettre la transition énergétique durable, le déploiement suffisant de nouvelles technologies et la création d'emploi dans ces secteurs émergents, a rappelé M. Schneider.
Aussi, le Conseil européen a-t-il appelé à la création d'une Union de l'énergie. « Son lancement suscite de grandes attentes des citoyens et du secteur de l'énergie. C'est notre responsabilité d'y répondre », a ajouté M. Schneider. La Présidence luxembourgeoise donnera la priorité à la mise en place de la gouvernance sur l'énergie et le climat pendant son exercice, et M. Schneider souhaite l'adoption de conclusions du Conseil sur la gouvernance lors de la réunion des ministres européens de l'Énergie du 26 novembre.
La Présidence luxembourgeoise va aussi mettre l'accent sur l'innovation, la recherche, les nouvelles technologies pour la transition énergétique, principalement dans les secteurs des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, et la gestion intégrée des ressources. Dans ce contexte, elle organisera, en septembre, une conférence sur le plan pour le développement des technologies énergétiques (SET-plan).
M. Schneider promet aussi de stimuler une adoption rapide de la proposition de révision du système d'étiquetage des produits économes en énergie, mise sur la table par la Commission le 15 juillet dans le cadre du 'paquet d'été'. Son objectif est d'arrêter une position commune au Conseil Énergie du 26 novembre.
La Présidence abordera aussi la question du financement de la transition énergétique durable dans l'optique de la mise en place du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) et veillera à une meilleure coordination des instruments financiers de l'UE existants. « Nous essayerons de clarifier la mise en oeuvre du plan d'investissement Juncker et ses conséquences sur la politique énergétique », a expliqué M. Schneider, promettant une discussion à ce sujet lors du Conseil Énergie du 26 septembre.
La Présidence luxembourgeoise va aussi oeuvrer pour l'achèvement du marché intérieur, en insistant sur la dimension régionale. « Le Luxembourg donne l'exemple avec le forum pentalatéral », a souligné M. Schneider. La Présidence abordera aussi les deux autres propositions du 'paquet d'été', à savoir les pistes pour reconceptualiser le marché de l'électricité et les propositions pour réformer les marchés de détail.
Des travaux législatifs seront aussi engagés dans le domaine de la sécurité de l'approvisionnement en gaz, des propositions de la Commission étant attendues cet automne.
Au plan international, la Présidence luxembourgeoise entend faire le point sur le projet de corridor gazier sud, l'Ukraine, les relations avec l'Amérique du Nord, le partenariat méditerranéen et la mise en place d'une plateforme gazière, et la Communauté de l'énergie, qui fête son dixième anniversaire cette année.
La Présidence luxembourgeoise abordera aussi la question des synergies entre le secteur de l'énergie et celui de la coopération au développement. (Emmanuel Hagry)