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Bulletin Quotidien Europe N° 11361
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Après le vote au parlement grec, un peu d'oxygène pour Athènes

Bruxelles, 16/07/2015 (Agence Europe) - L'horizon s'est quelque peu éclairci pour la Grèce, jeudi 16 juillet, après que l'Eurogroupe a décidé officiellement de négocier avec Athènes un 3ème plan d'aide et que la BCE a offert un ballon d'oxygène au système bancaire grec.

La Commission s'est félicitée du vote intervenu la veille tard dans la soirée au Parlement grec. Celui-ci a approuvé (229 voix pour, 64 contre) la 1ère salve d'actions préalables réclamées par le sommet de la zone euro (EUROPE 11358). « C'est une étape importante pour reconstruire la confiance », a jugé Annika Breidthardt, porte-parole de la Commission.

Via son compte Twitter, le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, a salué l'issue du vote tout en estimant qu'il s'agissait de « la partie la plus facile de l'accord ». « Les vrais problèmes et défis pourraient arriver plus tard. Pas de majorité, pas d'appropriation (du programme) pourraient affaiblir la mise en oeuvre des réformes et des mesures », a-t-il ajouté. Le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb, s'est dit inquiet des déclarations du Premier ministre grec, Alexis Tsipras. Ce dernier avait déclaré qu'il ne croyait pas en l'accord mais qu'il n'avait pas pu obtenir davantage.

Le parlement slovaque ne doit finalement pas approuver l'accord du sommet de la zone euro, alors que la grande commission du Parlement finlandais a donné son feu vert, jeudi, au lancement des négociations sur un 3ème plan d'aide et au financement relais. Le Bundestag allemand votera ce vendredi.

En cas d'issue positive, les négociations sur le 3ème plan d'aide pourront officiellement commencer après le feu vert définitif des ministres des Finances de la zone euro siégeant en tant que gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité (MES). L'aide du MES devrait être de maximum 50 milliards d'euros, a confirmé jeudi son directeur général, Klaus Regling.

Accord pour un financement relais immédiat de 7 milliards. Les 'institutions' (Commission européenne, BCE, FMI) ont travaillé toute la nuit pour évaluer le vote du parlement grec au cours duquel le mouvement Syriza s'est déchiré et qui devrait aboutir à un remaniement du gouvernement. Non seulement les Grecs ont ainsi rempli la 1ère étape du processus vers la négociation d'un 3ème plan d'aide de manière généralement satisfaisante et dans les temps, mais le vote grec respecte aussi les conditions requises pour le versement du 'financement relais' d'un mois, une fois que celui-ci aura été approuvé.

La procédure de silence au comité économique et financier ('EFC') n'était pas encore terminée à l'heure où nous mettions sous presse, et la procédure écrite par laquelle le Conseil Ecofin allait se prononcer devait être bouclée vendredi midi. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargé de l'Euro, a annoncé, via son compte Twitter, un accord de principe à vingt-huit pour recourir au Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) afin de lever immédiatement 7 milliards d'euros et d'éviter à la Grèce un nouvel accident de paiement auprès de la BCE, lundi 20 juillet. Pour calmer les pays hors zone euro plus frileux, seront mobilisés les profits réalisés par la BCE dans le cadre de son programme 'SMP' de rachat d'obligations souveraines grecques.

Jeudi, la BCE a annoncé avoir relevé de 900 millions d'euros, pour une semaine, le plafond des liquidités d'urgence aux banques grecques ('ELA'). Pour son président, Mario Draghi, les choses sont « différentes » aujourd'hui en raison de la perspective d'un 3ème plan d'aide et du vote survenu en Grèce. Les banques grecques pourraient rouvrir partiellement, lundi prochain. M. Draghi a, par ailleurs, estimé que l'allègement de la dette grecque n'était pas en soi controversé, mais que la question posée était celle de savoir quelle forme cet allègement prendrait à l'intérieur du cadre institutionnel établi.

Toujours sur la dette grecque, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a déclaré que l'Eurogroupe et le FMI étaient prêts à se pencher sur la question du service de la dette. La déclaration de l'Eurogroupe de novembre 2012 fixait comme objectif un ratio dette/PIB à 124% en 2020 et substantiellement sous 110% en 2022. Or, les prévisions les plus optimistes des 'institutions' évaluent ce ratio à 165% du PIB en 2020, 150% en 2022 et 111% en 2030 (EUROPE 11357). Ces objectifs en termes de ratio dette/PIB devraient donc en principe être abandonnés. Les détails devraient être arrêtés dans les prochaines semaines. Pour le FMI, une dette publique est jugée viable si le ratio des besoins bruts en financement par rapport au PIB est inférieur à 15%, notait l'analyse des trois 'institutions'. Mais, pour M. Dombrovskis, les prêts de l'eurozone, avec leurs conditions favorables, ne pèsent pas sur le budget grec. L'enjeu de la réduction de la dette grecque est forcément de nature politique. (Elodie Lamer avec Mathieu Bion)

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