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Bulletin Quotidien Europe N° 11361
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

La Grèce pourra bénéficier, sous conditions, du 'Quantitative Easing'

Bruxelles, 16/07/2015 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) estime qu'il existe une « fenêtre d'opportunité », soumise au respect de conditions strictes, pour que la Grèce bénéficie, après l'été, du programme 'Quantitative Easing' de rachat de titres publics et souverains.

Fin juillet, la Grèce doit rembourser à la BCE une partie des titres de dettes grecques que l'institution européenne a acquis lors du précédent programme 'SMP'. À ce moment là, « il y a aura de place » pour que le 'QE' puisse concerner la Grèce comme c'est déjà le cas pour « Chypre », a indiqué le président de la BCE, Mario Draghi, jeudi 16 juillet à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs.

Le vice-président de l'Institut de Francfort, Vítor Costâncio, a rappelé les deux conditions qui s'appliquent à un pays comme la Grèce dont le rating sur la dette publique est inférieur au minimum requis: - Athènes doit faire l'objet d'un plan de sauvetage sous l'égide de l'UE et du FMI ; - le respect du programme d'ajustement à appliquer dans le cadre de ce plan d'aide doit être jugé « crédible » par la BCE. Cette évaluation peut avoir lieu lors de la 1ère mission de suivi du plan d'aide qu'Athènes et ses créanciers vont négocier dans les semaines à venir mais « il est possible que cette évaluation soit faite avant », a ajouté M. Costâncio, pour qui une telle décision demeure « à la discrétion de la BCE ».

Jeudi, la BCE a donné une bouffée d'oxygène au secteur bancaire grec en augmentant son assistance en liquidité d'urgence (ELA) à hauteur de 900 millions d'euros sur une semaine (voir autre nouvelle).

À travers le programme 'QE' lancé en mars 2015 (EUROPE 11268 et 11236), la BCE avait racheté plus de 216 milliards d'euros de titres publics au 10 juillet. « La mise en œuvre du programme de rachat d'actifs se poursuit sans heurt » et elle continuera jusqu'à « fin septembre 2016 et, dans tous les cas, jusqu'à ce que nous constations un ajustement durable de la trajectoire de l'inflation qui soit en ligne avec notre mission d'atteindre un taux proche mais inférieur à 2% à moyen terme », a indiqué M. Draghi. Et d'ajouter que, afin de lisser l'effet du ralentissement des activités financières en août, les rachats de titres ont été renforcés à l'approche de l'été à hauteur de « 3 milliards d'euros en mai et en juin ».

À un journaliste qui l'interrogeait sur la récente modification de la liste des entités publiques - telles que la société italienne d'électricité ENEL - dont les titres peuvent bénéficier du 'QE', M. Draghi a estimé que la liste n'était « pas gravée dans le marbre » et ne faisait pas l'objet d'une « réflexion stratégique au sein de la BCE ». « Nous ne voulons pas y incorporer des sociétés privées parce que, dans ce cas, il s'agirait d'un tout autre programme », a souligné l'ancien gouverneur de Banca d'Italia.

Selon la BCE, il est nécessaire de maintenir une politique accommodante pour soutenir la reprise en zone euro qui, malgré les récentes turbulences liées à la crise grecque, amplifie son ancrage. Les perspectives en matière d'inflation à moyen terme confirment l'analyse de l'institution européenne.

Renforcer l'UEM. Questionné sur l'impact sur l'euro de la remise en cause par l'Allemagne de l'intégrité de la zone euro (EUROPE 11358), M. Draghi s'est lancé dans un nouveau plaidoyer en faveur d'une intégration institutionnelle « décisive » entre les pays partageant la monnaie unique. Le sommet de la zone euro a montré que l'Union économique et monétaire était « imparfaite et vulnérable » et ne produisait pas les avantages escomptés de la part d'une union achevée. Il a plaidé pour l'achèvement de l'union bancaire et des avancées en matière d'union des marchés de capitaux.

La BCE a enfin maintenu inchangés les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement (0,05%), de la facilité de prêt marginal (0,3%) et de la facilité de dépôt (-0,2%). (Mathieu Bion)

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