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Bulletin Quotidien Europe N° 11361
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

PE, le patient sera au coeur des priorités de la Présidence luxembourgeoise

Bruxelles, 16/07/2015 (Agence Europe) - La ministre de la Santé et de l'Égalité des chances du Luxembourg, Lydia Mutsch, a indiqué que la Présidence luxembourgeoise mettra ses travaux dans le domaine de la santé sous le signe du patient et de l'innovation. La ministre s'est exprimée devant les membres de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen le 16 juillet, pour leur présenter son programme et répondre aux questions des députés.

Plusieurs thèmes ont été retenus par la ministre en matière de santé: - Médecine personnalisée. Le potentiel est énorme et la Présidence entend étudier les opportunités d'un recours plus important à la médecine personnalisée pour les patients. Une conférence s'est tenue à Luxembourg sur le sujet (EUROPE 11355) dont les conclusions viendront alimenter des conclusions que la Présidence doit adopter lors du Conseil formel de décembre ; - Démence. Le vieillissement de la population entraîne une augmentation des maladies dégénératives et notamment de la démence. La Présidence traitera la problématique d'un point de vue socioéconomique. La prévention et la prise en charge post-diagnostic des patients seront au coeur des discussions ; - Soins de santé transfrontaliers. La Commission doit publier bientôt un rapport de mise en oeuvre de cette directive et la Présidence tentera de tirer les premières conclusions sur ses effets, notamment en matière de mobilité des patients et de charges administratives ; - Alcool. Soulignant l'appel très clair des États membres à l'issue de la réunion informelle de Riga, en avril, pour une nouvelle stratégie en matière d'alcool de la part de la Commission européenne (EUROPE 11299), et l'appel dans le même sens du Parlement européen (EUROPE 11305), la Présidence invitera le commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, à se prononcer ; - Ebola: la Présidence veut tirer les enseignements quant à la gestion de la crise Ebola au sein de l'UE et organisera une conférence ministérielle sur le sujet, en rappelant que l'épidémie n'est pas encore totalement sous contrôle au Liberia ; - Dispositifs médicaux. La ministre Mutsch mettra tout en oeuvre pour finaliser les travaux sur les deux projets de règlement (dispositifs médicaux et dispositifs médicaux de diagnostic in vitro). Pour rappel, le Conseil Santé était parvenu, le 19 juin, à un accord partiel sur le texte, sous Présidence lettone. Il reste encore à finaliser les considérants et des détails techniques et la Présidence s'y attellera dès la semaine prochaine pour débuter les discussions en trilogue avec le Parlement en septembre.

Pour ce qui concerne le volet sûreté alimentaire, la ministre a annoncé les priorités suivantes: - Étiquetage des boissons alcoolisées. La Présidence attend avec intérêt les propositions de la Commission en ce qui concerne l'étiquetage nutritionnel des boissons alcoolisées ; - Sécurité sanitaire des denrées alimentaires. La ministre a évoqué les propositions de la Commission concernant l'usage de la technique de reproduction des animaux par clonage et a affirmé que la Présidence soumettra « dès que possible » pour examen au Conseil les amendements, que le Parlement devrait voter en septembre ; - OGM. La possibilité offerte aux États membres de restreindre ou d'interdire sur leur territoire l'utilisation de denrées alimentaires OGM pour animaux est un « signal important » de la Commission, a souligné Mme Mutsch, en indiquant avoir pris bonne note des conclusions retenues à l'issue du Conseil Agriculture du 13 juillet (EUROPE 11359) ; - Autorisation des nouveaux aliments. Ce dossier pourrait faire l'objet d'un accord en première lecture ; - Étiquetage des denrées alimentaires. Ce sujet sera au menu de la réunion informelle des 24 et 25 septembre des ministres de la Santé qui se pencheront sur la question de la présence d'acides gras dans certains aliments.

Une question résurgente, dans les interventions des députés, a concerné l'importance de poursuivre la lutte contre la résistance antimicrobienne. Lydia Mutsch a annoncé la tenue d'une conférence en octobre sur le sujet, « ce sera un sujet important », a-t-elle indiqué. Au nom du PPE, Peter Liese (allemand) a relevé, en ce qui concerne la révision de la directive sur les médicaments, la différence d'approche du Conseil et du Parlement pour la procédure de contrôle des produits (scrutiny). « Les positions sont divergentes, mais pas contradictoires », a estimé Mme Mutsch, ajoutant qu'un compromis avait été retenu « dans l'intérêt du patient ». Le député espère par ailleurs que la Présidence parviendra à boucler l'accord sur les dispositifs médicaux. Matthias Groote (allemand), pour le groupe S&D, a souligné l'intérêt de son groupe pour la question de l'accès aux médicaments de même que pour les soins de santé transfrontaliers. Il estime également important de relancer la stratégie en matière d'alcool. Boleslaw Grzegorz Piecha (polonais), au nom du CRE, regrette que la Présidence n'aborde pas le danger des substances psychotropes, alors que Stefan Eck (allemand), pour la GUE, a évoqué notamment la problématique des élevages intensifs. Gesine Meissner (allemande), pour le groupe ADLE, a accueilli avec satisfaction la mise au point qui doit être faite sur les soins de santé transfrontaliers. Elle a jugé également urgent, à l'instar de Peter Liese, de progresser rapidement sur la directive 'médicaments' pour débuter les discussions entre le PE et le Conseil. Pour les Verts/ALE, Claude Turmes (luxembourgeois) a également souligné les avantages des soins transfrontaliers, en particulier pour les petits pays comme le Luxembourg, qui ne disposent pas de toutes les procédures chirurgicales disponibles. Piernicola Pedicini (italien), pour l'ELDD, a, quant à lui, estimé qu'il y avait un revers à la médaille des soins personnalisés avec une augmentation des prestations de santé, au bénéfice des laboratoires pharmaceutiques. Plusieurs députés ont aussi interrogé Mme Mutsch sur sa position vis-à-vis du glyphosate, un pesticide très répandu et soupçonné d'être cancérigène. Elle a dit attendre un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et une réévaluation de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Un autre souci évoqué par plusieurs députés concernait les perturbateurs endocriniens. La ministre estime « urgent » que la Commission procède à une définition de critères, qui était initialement prévue pour décembre 2014. (Isabelle Lamberty)

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