Bruxelles, 26/11/2014 (Agence Europe) - Le gynécologue congolais Denis Mukwege, qui soigne des femmes victimes de viol de guerre dans son hôpital Panzi à Bukavu (République démocratique du Congo), a reçu, mercredi 26 novembre, le Prix Sakharov 2014 du Parlement européen (EUROPE 11204).
M. Mukwege a souligné que ce prix était une « caisse de résonnance très importante pour pouvoir transmettre les cris des femmes congolaises et de toutes les femmes de par le monde qui souffrent dans leur corps, car la guerre (…) se fait sur leur corps ». « C'est une façon claire de dire 'vous n'êtes pas seules', mais aussi un message clair pour les bourreaux, que le monde ne peut pas rester indifférent face aux crimes de guerre », a ajouté le gynécologue de 59 ans.
M. Mukwege a prévenu que ce prix n'aurait « une signification pour les femmes victimes de violences sexuelles que si vous nous accompagnez sur le chemin de la paix, de la justice et de la démocratie ». Il a ainsi demandé à l'UE de redynamiser l'accord d'Addis Abeba de 2013 pour mettre fin aux combats dans l'est du pays entre l'armée et des groupes rebelles.
Dans son discours citoyen « de quelqu'un qui vit avec l'horreur », M. Mukwege a expliqué que trop de temps et d'énergie avaient été pris pour réparer les conséquences de la violence. « Il est temps de s'occuper des causes », a-t-il expliqué. Selon lui, « il n'y aura pas de paix ni de développement économique et social sans le respect des droits de l'homme, sans une réparation pour les survivantes de viols et les victimes, (…) sans mécanisme d'établissement de la vérité pour avoir la réconciliation ». « La justice doit également être placée au coeur du processus de paix et la lutte contre l'impunité (...) doit être renforcée », a-t-il ajouté.
En lui remettant son prix, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a salué l' « engagement extraordinaire » de M. Mukwege, qui consacre sa vie à « la paix et la justice » et « pour la lutte pour la dignité des femmes ». « Le Parlement européen demande au gouvernement de la République démocratique du Congo de prendre ses responsabilités et de mettre un terme à ces violences et à l'impunité des violeurs et que les femmes aient un libre accès au système juridique », a-t-il souligné. (CG)