Bruxelles, 26/11/2014 (Agence Europe) - Lors d'un débat tendu en session plénière, mercredi 26 novembre, les députés européens se sont montrés divisés quant à la reconnaissance de l'État de Palestine par le Parlement européen.
Au nom du S&D, le Britannique Richard Howitt a souligné que « la reconnaissance internationale est fondamentale pour préserver l'espoir dans la population palestinienne ». Fernando Maura Barandiaran (ADLE, espagnol) a considéré que le PE devait être « à l'avant-garde des décisions ». « La courageuse annonce de la Suède doit être une nouvelle vague, nous devons appuyer ce mouvement », a-t-il expliqué. Pour Fabio Castaldo (ELDD, italien), l'État palestinien devrait voir le jour, car « on le doit aux Palestiniens ». Il a considéré qu'il s'agissait d'une nécessité politique, éthique et historique.
« La reconnaissance serait un message clair: l'UE s'oppose à l'occupation israélienne et s'engage pour deux États de plein droit », a expliqué Martina Anderson (GUE, britannique). Le Hongrois Tamas Meszerics, pour les Verts/ALE, a considéré que la reconnaissance de l'État palestinien permettrait de « préserver une solution à deux États, d'encourager la modération pour les deux parties ». « Nous paralysons l'UE, si nous ne votons pas immédiatement sur la reconnaissance de l'État palestinien », a-t-il prévenu.
De leur côté, le PPE et la CRE considèrent que ce n'est pas le moment de reconnaître l'État de Palestine. « Il faut une solution à deux États (…). Cela ne pourra se faire que par le biais d'une reconnaissance réciproque. On ne peut pas reconnaître l'un et pas l'autre », a expliqué Elmar Brok (PPE, allemand). « La reconnaissance de la Palestine ne peut être que le fruit d'un processus de négociation », a ajouté Cristian Preda (PPE, roumain). Le Britannique Charles Tannock, au nom de la CRE, s'est demandé si la motion du Parlement pour la « reconnaissance unilatérale d'un État » n'était pas « prématurée ». « Les conditions pour la paix ne seront pas satisfaites par la reconnaissance de manière unilatérale d'un État indépendant embryonnaire, il risque d'y avoir davantage d'intransigeance de la part de l'État israélien, cela risque de ne pas convaincre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, de se retrouver autour de la table, mais de radicaliser les positions », a-t-il expliqué.
La Haute Représentante, Federica Mogherini, a rappelé que la reconnaissance de l'État palestinien était une question nationale. Cependant, « si techniquement (la reconnaissance) ne me concerne pas, politiquement si, je suis intimement convaincue qu'il faut une solution », a-t-elle expliqué. Mme Mogherini a souhaité un rôle plus important de l'UE pour régler le conflit israélo-palestinien. « Ce n'est que si nous avons un message uni et commun au nom de l'UE que nous pourrons faire entendre notre voix de manière efficace dans la région », a-t-elle rappelé.
Le vote sur la résolution, initialement prévu pour le 27 novembre, a été repoussé à la session plénière de décembre. (CG)