Bruxelles, 26/11/2014 (Agence Europe) - L'UE et la Malaisie cherchent à relancer, au début 2015, leurs négociations de libre-échange. Les négociateurs en chef européen et malaisien pourraient décider, la semaine prochaine, de la reprise de ces pourparlers bilatéraux.
Lancées en octobre 2010, les négociations de libre-échange entre l'UE et son second partenaire au sein de la zone ASEAN (son 24ème partenaire au niveau mondial) sont en pause depuis les élections générales en Malaisie au printemps 2013. Mais les travaux pour leur reprise s'accélèrent depuis que le Premier ministre malais, Najib Razak, s'est montré désireux, en marge du sommet de l'ASEM à la mi-octobre à Milan, de reprendre ces pourparlers. Les deux parties attendent toutefois plus de flexibilité l'une de l'autre sur des dossiers jugés très sensibles par la Malaisie: l'accès au marché des services, l'accès aux marchés publics, la protection des droits de propriété intellectuelle et le développement durable.
« Les négociations ont atteint un point à mi-chemin. Mais les questions les plus difficiles restent encore à résoudre », nous confiait-on récemment à la Commission. « L'UE est pleinement engagée à négocier un accord avec la Malaisie. Mais nous devons aussi nous assurer que nous redémarrons sur une base qui nous permettra de conclure un accord ambitieux et complet. Cela inclut la flexibilité nécessaire du côté malaisien pour aborder des domaines qui sont d'un intérêt majeur pour l'UE », précisait cette source.
« Nous sommes d'accord pour négocier sur ces chapitres sensibles pour la Malaisie, mais la mesure de l'ambition est différente, il y a un écart », nous indiquait-on, cette semaine, du côté malaisien. En revanche, la Malaisie souhaite inclure dans le futur accord un chapitre sur l'investissement, sur lequel la Commission n'avait pas encore la compétence pour négocier au début des pourparlers en 2010. « Nous voulons de la clarté sur le traitement qui sera réservé à nos accords d'investissement bilatéraux existant avec 19 États membres », nous a expliqué une source diplomatique proche du dossier.
En attendant, négociateurs européens et malaisiens pourront reprendre leurs négociations sur la base d'un paquet déjà solide sur certains des quatorze chapitres couverts par ces pourparlers qui incluent, outre la libéralisation tarifaire pour les marchandises, l'accès aux marchés des services et aux marchés publics, les barrières non tarifaires et les barrières techniques au commerce, les mesures sanitaires et phytosanitaires, la concurrence et le développement durable.
Pour les marchandises notamment, les parties sont arrivées à des 'zones d'atterrissage'. « Lorsque nous avons mis les négociations en pause, un paquet émergeait en termes de concessions tarifaires », nous a-t-on confié du côté malaisien. Deux produits sont très sensibles pour la Malaisie: l'automobile et les boissons alcoolisées. Les intérêts offensifs de la deuxième économie de la zone ASEAN se situent dans l'huile de palme et ses produits dérivés, les pêcheries dont les crevettes, le bois de construction et les meubles.
Dominés par les produits industriels (90%), les échanges bilatéraux de marchandises ont atteint 32,7 milliards € en 2013, dont 14,3 milliards € d'exportations pour l'UE, soit un déficit de 4,1 milliards €. L'UE importe principalement des machines et des appareils et exporte principalement des équipements électriques et des machines. Les plastiques et le caoutchouc, les matières grasses animales et végétales, l'huile de palme et les produits mécaniques sont les autres principaux secteurs d'exportation malaisiens vers l'UE.
Avec 6,8 milliards € en 2012, dont 3,9 milliards € d'exportations pour l'UE, les échanges bilatéraux de services sont nettement inférieurs à ceux entre l'UE et Singapour (28,6 milliards € en 2012). Mais, pour la Commission, les possibilités qui ont augmenté grâce aux politiques de libéralisation en Malaisie avant 2010 pourraient être davantage exploitées avec un accord de libre-échange. Idem pour les flux d'investissements. Le stock d'investissements directs étrangers sortant vers la Malaisie était de 18,2 milliards € en 2012 (contre 1,1 milliard en 2009) et le stock entrant de la Malaisie vers l'UE de 7,2 milliards €.
La Malaisie a cessé de bénéficier des préférences commerciales de l'UE en 2010. (EH)