Bruxelles, 19/03/2014 (Agence Europe) - Le chef de la délégation de l'UE en Égypte, James Moran, a souligné, mardi 18 mars, que, selon lui, il n'y a pas de volonté en Égypte pour la réconciliation. « Pour l' instant, le pays n'a pas vraiment soif de réconciliation », a-t-il regretté, tout en précisant que certains politiciens ont souligné qu'il serait nécessaire de retourner à un tel processus et alors que des élections présidentielles et législatives auront lieu dans les prochains mois. « Le processus politique doit être ouvert à tous ceux qui respectent les principes démocratiques », a-t-il ajouté.
Le chef de la délégation a expliqué qu'il existe de vraies raisons d'être préoccupés quant à la sécurité du pays, qu'il y a « vraiment des turbulences ». Il a rappelé les attentats dans le Sinaï et les attaques sur des bus de touristes qui ont fait plusieurs morts le mois dernier. « Des millions de personnes dépendent du tourisme et l'on s'inquiète des chutes du tourisme », a-t-il expliqué. Le tourisme représente 9 millions d'emplois, soit le deuxième secteur du pays en ordre d'importance derrière l'agriculture. M. Moran a cependant souligné des signes encourageants pour l'économie, avec une volonté de réforme du gouvernement actuellement en place et le désir d'améliorer le climat pour l'industrie, les investissements et le commerce.
S'il y a des préoccupations concernant les droits de l'homme, la situation des chrétiens s'est améliorée en ce début 2014 après une « année 2013 difficile », a ajouté le chef de la délégation, précisant qu'il y a aussi « des raisons d'être optimistes ».
Revenant sur la Constitution adoptée par référendum les 14 et 15 janvier (EUROPE 11000), M. Moran a concédé que, si celle-ci comporte quelques problèmes, elle est « prometteuse concernant les droits de l'homme ». Il revient aux forces politiques de la mettre en oeuvre, a-t-il prévenu, attendant de voir comment elle sera transposée. (CG)