Bruxelles, 19/03/2014 (Agence Europe) - La commissaire responsable du numérique, Neelie Kroes, est satisfaite du vote intervenu, mardi 18 mars, en commission industrie (ITRE) du PE. Elle a déclaré: « Les instruments numériques et les réseaux télécoms permettent la productivité et la performance dans chaque domaine de la vie quotidienne. Maintenant, nous avons avancé d'une étape ». Mme Kroes a rappelé que la stratégie présentée par la Commission européenne était indispensable pour la compétitivité et le dynamisme du secteur ainsi que pour les citoyens européens qui doivent disposer des services sans fil performants auxquels ils ont droit.
En revanche, les défenseurs d'un Internet libre et ouvert sont mécontents du vote, qui met en danger la liberté du net. Openforum Europe (OFE), qui défend l'accès libre au net, regrette que les amendements de compromis proposés par le rapporteur Pilar del Castillo (PPE, espagnole) aient été adoptés, car ceux-ci pourront permettre aux opérateurs de dégrader certains types de flux. « Avec ce nouveau cadre, nous sommes préoccupés par le fait que les fournisseurs d'accès soient autorisés à agir comme des contrôleurs, en épinglant les gagnants et les perdants parmi les fournisseurs de contenus, de services et d'applications, sur la base d'accords commerciaux », souligne l'OFE. Elle craint que les « services spécialisés » ne deviennent la norme plutôt que l'exception et prennent l'ascendant sur le reste des contenus. « Le concept d'Internet en tant qu'espace non hiérarchisé, ouvert et décentralisé est fondamentalement remis en question en ce moment. Internet doit rester ouvert et assurer des règles du jeu équitables pour ses acteurs, comme c'était l'intention initiale de ses fondateurs », martèle l'OFE. Pour la Quadrature du net, l'association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, la commission ITRE et son rapporteur « ont cédé à la pression des lobbies des télécoms, laissant subsister d'importantes failles dans le texte ». Ces failles devront être corrigées par le PE lors de son vote en plénière, le 3 avril prochain, afin que les entreprises qui dominent l'économie numérique ne soient pas autorisées à monopoliser le net en cherchant à maximiser leurs bénéfices, a déclaré l'association. (IL)