Bruxelles, 19/03/2014 (Agence Europe) - Le Conseil européen va convenir de s'appuyer sur la stratégie intégrée proposée par la Commission pour renforcer la base industrielle de l'UE.
Pour renforcer la compétitivité industrielle de l'UE, mise à mal par une combinaison de facteurs - la plus grave crise depuis les années 1930, la concurrence des économies émergentes, des prix de l'énergie élevés et une politique commune accusée de s'être trop concentrée sur les priorités climatiques depuis 2009 - les dirigeants ont compris qu'ils devaient rectifier le tir. Et redéfinir les contours d'un cadre commun qui soit plus favorable au secteur manufacturier de l'UE, dont la Commission rêve de voir la contribution au PIB remonter à 20%. C'est ce sur quoi doivent s'accorder les Vingt-huit, lors de leur sommet de printemps, les 20-21 mars, en s'appuyant sur le cadre mis sur la table par l'exécutif européen en vue d'une « renaissance industrielle ».
La lecture du projet de conclusions du sommet sur ce chapitre reprend largement la contribution du Conseil Compétitivité du 20 février (EUROPE 11023). « Il est nécessaire de rendre le cadre global au niveau européen et au niveau national plus favorable aux investissements et à l'innovation, ainsi qu'au rapatriement d'emplois dans le secteur manufacturier », souligne le texte. Une partie des priorités énoncées est bien connue: meilleure réglementation, exploitation du potentiel du marché intérieur, prise en compte « systématique » dans tous les domaines d'action de l'examen d'impact sur la compétitivité industrielle de nouvelles propositions, soutien à l'esprit d'entreprise et aux PME via un accès amélioré au financement, développement des infrastructures et mobilisation et rationalisation de tous les fonds de l'UE.
Parmi les messages forts, on trouve l'appel des Vingt-huit à « soutenir la spécialisation intelligente dans toutes les régions de l'UE ». Le Conseil européen va aussi appeler au renforcement des compétences, en demandant à la Commission et aux États membres de « remédier en priorité aux lacunes dans les domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques ». Des efforts accrus vont aussi être requis de la part des secteurs public et privé pour promouvoir la mobilité, l'éducation et la formation professionnelle. Les Vingt-huit vont aussi appeler à combler le « retard » en matière de brevets, en s'assurant d'une ratification « rapide » de l'accord sur une juridiction unifiée du brevet et de la prise de dispositions nécessaires pour l'entrée en vigueur du régime des brevets de l'UE d'ici fin 2014. Enfin, le Conseil européen va mettre l'accent sur le rôle des technologies clés génériques pour l'essor de secteurs industriels prometteurs, en demandant de définir à cet égard des projets d'intérêt européen. Une attention particulière devra aussi être accordée au rôle joué par les technologies propres en tant qu'élément transversal clé pour la compétitivité industrielle.
Au plan extérieur, les Vingt-huit vont appuyer leur stratégie sur la poursuite des efforts visant à améliorer l'accès aux marchés tiers, sur des programmes d'échange d'investissements et de promotion de normes et de réglementations européennes et internationales, et sur des mesures pour l'accès aux matières premières.
Enfin, le Conseil européen va prôner la coordination de la politique industrielle avec le cadre pour les politiques énergétique et climatique et les mesures visant à remédier aux prix élevés de l'énergie. Il reviendra sur ce chapitre lors de l'examen de la stratégie EUROPE 2020 en mars 2015. (EH)