Bruxelles, 19/03/2014 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen et candidat du Parti socialiste européen à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz, s'est déplacé, mardi 18 mars, sur les terres luxembourgeoises de son concurrent du PPE, Jean-Claude Juncker. M. Schulz a rencontré les membres de la Chambre des députés, rapportent les médias luxembourgeois.
Candidat officiel des socialistes européens depuis le 1er mars, le responsable allemand a affirmé devant les députés qu' « aujourd'hui beaucoup de gens ont l'impression qu'il n'y a plus de justice et que tout se fait au profit de l'économie». Martin Schulz a dit regretter que l'idée d'Europe ne raisonne plus autant dans l'esprit des gens que pour les générations passées et a souligné l'importance de « l'idée européenne » pour les frontaliers. Il a rappelé les défis en termes d'emplois, mais aussi de justice sociale, qui attendent l'UE. Il a souligné l'importance de la survie des banques, au Luxembourg notamment. « Nous portons tous ensemble la responsabilité pour ce continent », a-t-il dit.
De son côté, Jean-Claude Juncker, dans une interview dans le journal Le Monde publiée le 17 mars, a indiqué que M Schulz « n'est pas un ennemi, mais un compétiteur. Nous sommes d'accord sur de nombreux points. Nous ressentons tous les deux l'ardente obligation pour notre génération de ne pas laisser le projet européen se perdre dans certaines dérives. L'Europe omniprésente, qui s'immiscerait dans la vie de tous les citoyens, est un développement qui ne correspond pas à l'exigence de s'occuper d'abord des grands problèmes ». « Cela dit, les partis démocrates-chrétiens et conservateurs sont plus à même de redresser l'économie, de renforcer la compétitivité européenne et de trouver la bonne combinaison entre solidité et solidarité », a ajouté l'ancien président de l'Eurogroupe.
Le 15 mai lors d'un débat télévisé retransmis sur les chaînes nationales, Martin Schulz affrontera son concurrent luxembourgeois et les quatre autres candidats à la succession de José Manuel Barroso: Guy Verhofstadt pour l'ADLE, Ska Keller et José Bové pour les verts européens et Alexis Tsipras pour la gauche européenne.
Un nouveau sondage réalisé par PollWatch 2014 donne le 19 mars à nouveau les socialistes en tête le 25 mai prochain à l'issue du scrutin. Les projections tablent sur 215 sièges pour le groupe S&D, contre 211 pour le PPE. Troisième force, l'ADLE réunirait 66 sièges, devant la GUE/NGL (59 sièges). Les verts accumuleraient 37 sièges. Les partis actuels CRE, EFD et les Non Inscrits rassembleraient 163 sièges, dont 90 pour les NI, 33 pour EFD et 40 pour CRE. Un dernier sondage PollWatch datant du 20 février donnait les socialistes gagnants avec 221 sièges contre 202 pour le PPE. L'ADLE en cumulait 64, les verts 44 et la GUE/NGL 56.
Ce nouveau sondage a de l'importance dans la mesure où en vertu des engagements tacites des groupes du PE, c'est le parti arrivé en tête lors des élections qui aurait le privilège de voir sa tête de liste retenue par les chefs d'État et de gouvernement de l'UE pour assurer la succession de M. Barroso, en l'occurrence Martin Schulz dans ce cas de figure. Jean-Claude Juncker, sans cesse interrogé sur ses intentions réelles, ne serait donc plus dans la course à la Commission européenne mais à nouveau disponible pour d'autres postes. Un sommet informel des Vingt-huit prévu le 27 mai, juste après les élections, devrait déjà donner le ton et un avant-goût des figures qui seront placées aux 'top jobs' européens. Certains n'excluaient d'ailleurs pas ces derniers jours que des noms refassent leur apparition dans la course, comme celui du Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, que certains participants au congrès du PPE à Dublin les 6 et 7 mars derniers voient revenir dans le jeu dès le lendemain des élections. (SP)