Bruxelles, 04/03/2014 (Agence Europe) - Le Groupe Eiffel Europe, composé de personnalités françaises engagées dans les affaires européennes issues du monde politique, économique ou académique, aspire à ce que la France, qui appartient à la fois au Nord et au Sud en Europe, redevienne « une force de proposition positive » dans le débat sur l'intégration européenne, surtout entre pays de la zone euro.
Selon ce groupe informel, « une Communauté politique de l'euro » devrait voir le jour à moyen terme à travers une modification des traités, afin de faire de la monnaie unique « l'expression d'un destin commun ». Sans remettre en cause une gestion saine des finances publiques, cette communauté devrait se doter de nouveaux instruments destinés à amortir les aléas de la conjoncture par le biais d'allocations de chômage et d'incitations à la mobilité professionnelle avec, en parallèle, une harmonisation partielle des marchés du travail. Elle mènera des politiques tournées vers le long terme comme l'investissement dans la transition énergétique et les infrastructures numériques, de transport et d'énergie ou encore la recherche.
Garanties démocratiques. La Communauté de l'euro devrait offrir des garanties démocratiques. « Les autorités allemandes doivent comprendre que le contrôle des décisions européennes par les institutions d'un seul pays est difficilement acceptable par les autres. Sans doute ne l'accepteraient-elles pas elles-mêmes. La situation actuelle où des organes fédéraux allemands (Bundestag, Cour de Karlsruhe) tiennent le sort de l'euro (et de certains pays) dans leurs mains n'est bonne ni pour l'Allemagne, placée en position hégémonique, ni pour les partenaires de l'Allemagne, réduits à obtempérer », estime le Groupe Eiffel.
Aussi, verrait le jour un exécutif propre de la Communauté de l'euro, distinct des organes nationaux et sans que chaque État soit forcément représenté. « Ce gouvernement sera choisi à l'issue de l'élection d'une assemblée par les Européens des pays de la Communauté exprimant leur suffrage le même jour, selon les mêmes modalités », indique le groupe informel. Il disposerait d'un budget autonome par rapport au budget de l'UE et « impérativement » financé par des ressources propres telles que « l'impôt sur les sociétés ou des taxes environnementales ». Une assemblée parlementaire, composée de députés siégeant au Parlement européen, contrôlerait les activités de l'exécutif de la Communauté de l'euro selon le principe suivant: à décision européenne, contrôle européen ; à décision nationale, contrôle national.
Le Groupe puise son nom de l'ingénieur qui a conçu la tour mondialement célèbre. « Pourtant, Eiffel… est un nom d'emprunt qui renvoie à une région d'Allemagne », a indiqué Sylvie Goulard (ADLE, française). (MB)