Bruxelles, 04/03/2014 (Agence Europe) - Le parlement chypriote a approuvé (30 voix pour, 26 contre) la loi sur les privatisations, mardi 4 mars. Il s'agissait d'une des deux conditions indispensables à l'approbation par l'Eurogroupe, lundi 10 mars, du versement d'une tranche d'aide de 150 millions d'euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui aura lieu en principe début avril.
Le projet de loi visant à privatiser les autorités nationales portuaires et des télécommunications d'ici 2016 ainsi que l'autorité chypriote d'électricité d'ici à 2018 avait été une première fois rejeté la semaine dernière (EUROPE 11029). Les revenus escomptés via ces privatisations s'élèvent à 1,5 milliard d'euros.
Selon Prodromos Prodromou, député du parti au pouvoir DISY, « presque rien » n'a changé dans le projet révisé par rapport au premier jet. Une des modifications précise toutefois que cette loi-cadre ne doit pas modifier la législation existante sur le droit et le statut des travailleurs, a-t-il expliqué à EUROPE. Un autre amendement énonçant des réserves sur les conventions collectives n'a en revanche pas été adopté.
Le prochain projet de loi délicat concerne la facilitation des expropriations des emprunteurs qui ne remboursent plus leurs prêts. Il faut trouver un moyen de protéger les ménages les plus vulnérables, a expliqué M. Prodromou, qui a par ailleurs envisagé un moratoire pour les cas d'urgence, comme ce fut le cas en Espagne. La 'troïka' ne soutiendra probablement pas un moratoire généralisé. Les propos tenus récemment par un haut fonctionnaire de l'UE allaient en effet dans ce sens (EUROPE 11018).
L'autre action préalable requise, une loi renforçant la discipline budgétaire, a déjà été approuvée. Après le feu vert de l'Eurogroupe, les parlements nationaux qui le requièrent (ex: Bundestag) auront jusqu'au 15 mars pour approuver le versement. Le FMI devrait approuver un versement de 86 millions d'euros. (EL)