Bruxelles, 04/03/2014 (Agence Europe) - Le paquet d'aide promis à l'Ukraine inclut un soutien financier au règlement de sa dette de 2 milliards de dollars à l'égard de Gazprom, selon le commissaire Oettinger.
Le paiement des factures de gaz dues par l'Ukraine figure en bonne place dans le programme d'aide de la Commission qui sera adopté le 5 mars, a promis le commissaire Günther Oettinger, à l'issue de la réunion des ministres européens de l'Énergie, mardi 4 mars à Bruxelles. « Je tiens à ce que la question de l'Ukraine et du gaz soit intégrée dans notre paquet d'aide. Il faut bien sûr que les prêts de l'UE, de la BEI et de la Banque mondiale soient garantis. Je plaide pour que les factures toujours non honorées soient réglées pour éviter que l'Ukraine sombre dans le chaos », a expliqué le commissaire. L'énergéticien ukrainien Naftogaz « doit près de deux milliards de dollars à Gazprom, et nous allons l'aider à payer cette facture », a-t-il ajouté. L'aide de la Commission (voir autre nouvelle) sera complétée par les contributions d'autres pays, a précisé M. Oettinger, citant une garantie de prêt d'un milliard de dollars promise mardi par les États-Unis pour le secteur énergétique de l'Ukraine. « On attend un paquet qui impliquerait peut-être une enveloppe du FMI. Certains États membres vont venir compléter cette action. On pourrait arriver à une stabilité financière réelle et à mettre en place le cadre nécessaire pour les investissements dans le pays », a-t-il ajouté.
L'UE dispose de stocks de gaz confortables. M. Oettinger s'est par ailleurs dit confiant quant à la capacité de l'UE à approvisionner l'Ukraine en gaz, grâce aux flux inversés dans le système de gazoducs européen. « Nous pouvons aider l'Ukraine à avoir besoin d'un minimum de gaz russe », a-t-il expliqué, évoquant la possibilité d'utiliser les flux inversés pour que l'Ukraine puisse obtenir du gaz en provenance d'Allemagne, de Hongrie, de Pologne et de Slovaquie. Des fournitures que l'UE serait en mesure d'alimenter avec ses stocks stratégiques constitués depuis 2013. Car mardi, le Conseil Énergie a évoqué la menace tant pour l'Ukraine que pour l'UE de la fermeture du robinet de gaz russe. S'il s'est montré confiant devant l'obligation de Gazprom de respecter ses contrats de fourniture aux énergéticiens européens, M. Oettinger a aussi souligné que l'UE n'était pas sans solution de rechange. « Nous avons évoqué la possibilité de nous tourner vers d'autres fournisseurs, la Norvège, l'Algérie, la Libye et de recourir à l'option du GNL, même s'il est plus cher. Et grâce au règlement sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz, nous avons renforcé nos capacités de stockage. L'hiver a été relativement doux. Nous sommes en stockage net depuis mai 2013, donc il n'y a pas de risque. Nous pouvons tenir jusqu'à Pâques avec la moitié de nos réserves », a ajouté M. Oettinger. (EH)