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Bulletin Quotidien Europe N° 11003
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) gaz de schiste

Pas de législation, tollé chez les environnementalistes

Bruxelles, 23/01/2014 (Agence Europe) - Le choix de la Commission européenne de se contenter de lignes directrices pour encadrer a minima à l'échelle de l'UE l'évaluation des risques environnementaux liés à l'exploration et la production des hydrocarbures non conventionnels comme les gaz et huiles de schiste est de nature à satisfaire les États membres désireux de recourir à la technique de fracturation hydraulique à haut volume (Lituanie, Roumanie, Pologne, Royaume-Uni), mais c'est peu dire qu'elle a suscité un tollé, mercredi 22 janvier, chez les défenseurs de l'environnement et de la santé. Janez Potocnik, commissaire européen à l'Environnement, qui avait défendu une proposition législative, a dû manger son chapeau.

« La reconnaissance que le gaz de schiste a un rôle important à jouer dans la réduction des émissions de carbone à l'heure où nous tournons le dos au charbon est bienvenue », souligne un communiqué publié par le gouvernement britannique. Au Parlement européen, c'est la consternation. Le groupe des Verts/ALE dénonce « un recul inacceptable », puisque la Commission reconnaît les lacunes de la législation de l'UE (impact sur les eaux souterraines, sur la disponibilité des ressources en eau, sur la qualité de l'air et sur le climat). Partant, les écologistes exigent un moratoire sur la fracturation hydraulique tant que la législation européenne ne sera pas adaptée à ces risques. Corine Lepage (ADLE, française) dénonce un lobbying de l'industrie analogue à celui exercé dans le dossier des OGM. Gilles Pargneaux (S&D, français) déplore qu'en dépit du vote du Parlement du 9 octobre dernier en faveur d'un encadrement strict des projets en lien avec le gaz de schiste (EUROPE 10939), « la Commission européenne revienne une fois de plus à la charge en proposant un étrange manuel du bon utilisateur du schiste aux pays européens ».

« L'Europe ouvre ses portes aux combustibles non conventionnels dangereux et polluants. Elle peut s'attendre à une flambée de la résistance locale », avertissait, mercredi, une coalition d'ONG environnementales et de protection de la santé (Friends of the Earth Europe, Food and Walter Europe, Helth and Environnment Alliance et SOS Rosia Montana) devant les locaux de la Commission. Ces ONG dénoncent le lobbying intense de certains gouvernements et de l'industrie.

« Le projet de réglementation sur les gaz de schiste a été fracturé en mille morceaux par les grands groupes industriels et les gouvernements obsédés par les combustibles fossiles », déplore Antoine Simon de FoEE Geert de Cock de Food &Water Europe enfonce le clou: « La proposition de la Commission ne fournit pas les règles solides que réclamaient la Commission elle-même, dans son évaluation d'impact, le Parlement européen, les sondages et l'Agence Internationale de l'Énergie. Le maque de courage des dirigeants européens, incapables de résister à la pression de l'industrie, va galvaniser notre campagne en faveur d'une interdiction totale de la fracturation hydraulique », prévient-il.

Les ONG accusent le Royaume-Uni, la Pologne et la Roumanie (soutenues par la Hongrie, la Lituanie, la République tchèque et la Slovaquie) d'avoir joué un rôle décisif pour saper tout projet de législation et déplorent l'appui de José Manuel Barroso. Lors du dernier Conseil Environnement, sous présidence lituanienne, Maiej Graboski, ministre polonais de l'Environnement, n'avait pas caché qu'une coalition d'États membres pourrait faire front contre une proposition législative (EUROPE 10987). (AN)

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