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Bulletin Quotidien Europe N° 11003
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Barroso demande à Ianoukovitch de dialoguer avec l'opposition

Bruxelles, 23/01/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est entretenu, jeudi 23 janvier au matin, par téléphone avec le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a annoncé un porte-parole de la Commission, Olivier Bailly. Lors de l'appel, le président de la Commission a « déploré dans les termes les plus forts possibles l'escalade de la violence et les rapports de violence contre les journalistes, et a exprimé de sérieuses préoccupations au sujet des rapports sur les personnes disparues ». « L'usage de la force n'est pas la réponse à la situation politique en Ukraine », a souligné M. Barroso à M. Ianoukovitch, alors qu'on dénombre 5 morts et plus de 300 blessés côté manifestants et 250 blessés parmi les forces de l'ordre.

Appel au dialogue immédiat

Le président de la Commission a exhorté le président ukrainien à entamer « immédiatement » un dialogue au plus haut niveau avec l'opposition. « C'est le rôle du président en tant que chef d'État », a-t-il ajouté. « L'UE est prête à aider dans le dialogue et à la désescalade de la violence », a souligné M. Barroso. Selon M. Bailly, le président ukrainien est prêt à avoir un dialogue politique de haut niveau, demandé par M. Barroso. De plus, selon le porte-parole, M. Ianoukovitch a indiqué qu'il « n'était pas envisagé de décréter l'état d'urgence en Ukraine ». Afin d'aider au dialogue, le commissaire européen à l'Élargissement, Stefan Füle, est ce vendredi 24 et peut-être aussi le 25 à Kiev et la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton pourrait s'y rendre dans la seconde partie de la semaine prochaine. M. Ianoukovitch a précisé qu'il acceptait de rencontrer M. Füle et Mme Ashton.

M. Barroso a rappelé que si la situation n'est pas stabilisée, l'UE évaluera les possibles conséquences sur les relations UE/Ukraine. Avant d'envisager des sanctions, « la priorité, pour nous, c'est le dialogue, nous sommes prêts à aider et nous souhaitons une désescalade de la violence, l'arrêt de l'utilisation de la violence contre les manifestants pacifiques et les journalistes », a expliqué M. Bailly.

Le président ukrainien a demandé le 23 janvier au président du parlement, Volodymyr Rybak, de convoquer une séance extraordinaire en début de semaine prochaine « en vue d'une résolution rapide » de la crise. Il devait également rencontrer des membres de l'opposition.

Pour Merkel, les sanctions ne sont pas encore à l'ordre du jour

À Berlin, la chancelière Angela Merkel a souligné qu'elle et son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, estiment que « des sanctions ne sont pas à l'ordre du jour pour le moment ». Elle a demandé au gouvernement ukrainien « de garantir les libertés fondamentales, et particulièrement (...) le droit de manifester pacifiquement, de protéger la vie (des manifestants), de ne pas faire usage de violences ». « Nous sommes tout particulièrement inquiets, et pas seulement inquiets mais aussi indignés, de voir la façon dont des lois qui remettent en cause ces libertés fondamentales sont adoptées à la 'va-vite' », a-t-elle ajouté, précisant que « c'est un devoir de tout gouvernement de permettre que s'expriment librement les opinions et cela n'est actuellement pas le cas, ou pas suffisamment le cas, en Ukraine, selon nous ». M. Steinmeier s'est entretenu, le 22 janvier par téléphone, avec son homologue, Leonid Kozhara.

En protestation, des rencontres avec le gouvernement annulées

Par ailleurs, en visite à Kiev les 22 et 23 janvier, la délégation du Comité des Régions a annulé ses réunions prévues avec le vice-Premier ministre de l'Ukraine, Oleksandr Vilkul, le ministre du Développement régional, Gennadiy Temnyk, ou encore le secrétaire d'État pour les Affaires européennes, Andrii Olefirov, ainsi que des hauts fonctionnaires pour montrer sa condamnation des actions récentes du gouvernement et alors que la situation s'est détériorée. « L'UE est aux côtés de la démocratie et de la liberté. Il n'y a pas de place pour des exceptions », a souligné le président du Comité des Régions et de la délégation, Ramón Luis Valcárcel. La délégation a rencontré la fille de l'ancien Premier ministre Iulia Timochenko et des représentants de Maidan.

M. Valcarel a fermement condamné l'escalade de la violence, exprimant son soutien au peuple ukrainien « dans sa lutte pour la liberté et les droits de l'homme ». « Compte tenu des événements et des manifestations actuels, la société civile ukrainienne a besoin du soutien de l'UE plus que jamais. Nous devons garder tous les canaux de dialogue ouverts à tous les niveaux, en encourageant le gouvernement à atteindre son objectif déclaré de l'intégration européenne et en réaffirmant que l'accord d'association UE-Ukraine est encore possible », a conclu le président du CdR. (CG)

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