Bruxelles, 23/01/2013 (Agence Europe) - La commission des affaires économiques et monétaires du PE a rejeté à une courte majorité (19 voix pour, 21 contre), mardi 22 janvier, le projet de rapport d'Elisa Ferreira (S&D, portugaise) sur l'examen annuel de la croissance de la Commission européenne qui marque le lancement du processus budgétaire du 'Semestre européen' (EUROPE n° 10741).
Si le rapport avait été approuvé tel que les amendements ont été votés, le message transmis aurait été « totalement incohérent » alors que les circonstances actuelles imposent au PE de « transmettre le message des citoyens », a considéré Mme Ferreira à EUROPE. Selon elle, ce message tient à ceci: la Commission européenne doit revoir son « modèle permettant d'estimer l'impact macroéconomique des mesures » préconisées, sans remettre totalement en cause la nécessité d'avoir des finances publiques saines. « Il faut utiliser la marge de manœuvre du Pacte de stabilité et de croissance amendé afin de procéder à un assouplissement du rattrapage en termes de calendrier », a estimé l'eurodéputée socialiste. Qui s'interroge: pourquoi dans les pays ayant suivi toutes les recommandations budgétaires et de réformes structurelles de l'UE, les résultats ne sont-ils pas à la hauteur de ce qu'on attendait quand les efforts ont été demandés ?
Le FMI a récemment reconnu que les mesures d'austérité imposées aux pays de l'Eurozone en difficulté ont eu un impact récessif trois fois supérieur à celui envisagé au départ.
Ayant négocié le dossier au nom du groupe PPE, le Français Jean-Paul Gauzès regrette que le projet de rapport, répondant aux attentes des chrétiens-démocrates, n'ait pas été approuvé en raison du départ prématuré de 2 eurodéputés PPE et 2 autres ADLE. En gros, pour le groupe S&D, « les politiques d'austérité sont nulles », a regretté M. Gauzès, déplorant le manque d'« esprit d'ouverture » des sociaux-démocrates.
La présidente de la commission parlementaire, Sharon Bowles (ADLE, britannique), a demandé aux groupes politiques de reprendre les discussions afin de permettre un nouveau vote sur un rapport modifié. (MB)