Bruxelles, 23/01/2013 (Agence Europe) - La chute record du prix du CO2, tombé en dessous de 5 euros la tonne, sur le marché européen du carbone régi par la directive ETS appelle à une action corrective robuste, non seulement à court terme pour empêcher l'effondrement du marché, mais aussi à plus long terme, estiment les Verts/ALE au Parlement européen qui ont appelé, mardi 22 janvier, à l'approbation de la proposition de réforme immédiate de l'ETS. À l'heure du trilogue sur cette proposition de la Commission européenne visant le retrait temporaire du marché ('backloading') de 900 millions de quotas en début de troisième période d'échange de l'ETS (EUROPE n° 10768), Bas Eickhout, eurodéputé néerlandais, porte-parole des Verts/ALE pour le climat, souligne la nécessité d'un traitement sérieux et durable des faiblesses de l'ETS, notamment par un retrait permanent des quotas excédentaires , et invite le Parlement et le Conseil à approuver la proposition de réforme à court terme, nettement insuffisante à ses yeux, mais néanmoins incontournable.
Cet appel a été lancé en amont des votes en commission parlementaire. La commission de l'énergie et de l'industrie du Parlement rendra son avis ce jeudi 24 janvier. La commission de l'environnement, chef de file sur ce dossier, se prononcera le 19 février.
« L'étendard de la politique climatique de l'UE menace de s'effondrer. En dépit de signaux alarmants perceptibles depuis un an concernant la chute du prix du carbone, les tergiversations des décideurs politiques ont poussé l'ETS au bord du précipice. Ce dernier avertissement devrait doper la détermination des décideurs au Parlement et au Conseil qui sont censés approuver la proposition modeste de la Commission européenne.
L'approbation et la mise en œuvre de la proposition de 'backloading' devraient être maintenant la priorité, mais il est clair qu'il faut des solutions plus robustes et permanentes. Il nous faut urgemment des solutions strucurelles plus durables, notamment le retrait permanent des quotas d'émissions pour s'attaquer à l'offre excédentaire et ne pas nous contenter de différer la mise aux enchères », déclare Bas Eickhout.
Les Verts/ALE estiment qu'outre le retrait de 1,4 milliard de quotas, il faut introduire un facteur linéaire de réduction des émissions de 2, 5 % par an, ce qui permettrait de porter l'objectif de réduction des émissions de l'UE à au moins 30 % à l'horizon 2020. « En l'absence de solution permanente, l'ETS continuera à manquer son but qui est de permettre des réductions des émissions nationales et de stimuler l'investissement dans les technologies vertes. » (AN)