Bruxelles, 23/01/2013 (Agence Europe) - Dans la foulée de son rival Nabucco, le consortium qui pilote le projet de gazoduc TransAdriatique propose lui aussi 50 % de ses parts au consortium Shah Deniz, qui gère l'exploitation d'un champ de gaz en Azerbaïdjan très convoité par l'Europe.
Le consortium Nabucco a signé le 18 janvier un accord avec le consortium Shah Deniz, ouvrant une prise de participation de ce dernier à hauteur de 50 % dans le projet de gazoduc soutenu par l'UE. « C'est un pas de géant vers la réalisation du projet Nabucco », s'est aussitôt félicité le patron du consortium Nabucco, Reinhard Mitschek. Concurrent du projet russe de gazoduc South Stream, le projet européen, auquel participent le groupe autrichien OMV, le bulgare BEH, le hongrois MOL, le turc Botas, le roumain Transgaz et l'allemand RWE (qui pourrait transférer sa part à OMV), n'avait jusqu'à présent pas encore trouvé de partenaire susceptible de lui livrer du gaz naturel. Nabucco et Shah Deniz, qui comprend le groupe britannique BP (25 %), le Français Total (10 %) et le norvégien Statoil (10 %), étaient parvenus à un accord de principe le 10 janvier visant à couvrir ensemble jusqu'à la prise de décision finale en juin prochain les coûts de développement du gazoduc Nabucco-Ouest. En difficulté, Nabucco a revu l'an dernier à la baisse son ambition de construire une infrastructure de 4 000 kilomètres reliant l'Azerbaïdjan à l'Europe, pour privilégier un tracé alternatif de 1 300 kilomètres, qui partirait de la frontière bulgaro-turque et relierait l'Autriche en traversant la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Actuellement piloté par l'énergéticien azéri Socar et les turcs Botas et TPAO (mais qui devraient céder 29 % de leur consortium aux participants étrangers de Shah Deniz, BP, Statoil et Total), le gazoduc TransAnatolien (TANAP) entre la Turquie et l'Azerbaïdjan serait raccordé à Nabucco-Ouest.
Outre le projet russe rival South Stream, Nabucco est également en concurrence avec le projet de gazoduc TransAdriatic Pipeline (TAP), piloté par l'énergéticien suisse Axpo (anciennement EGL, 42,5 %), le norvégien Statoil (42,5 %) et l'allemand EON Ruhrgas (15 %), et doit transporter sur 520 kilomètres le gaz de la région Caspienne via la Grèce et l'Albanie et sur la mer Adriatique au sud de l'Italie vers l'Europe occidentale. Dans la foulée de l'accord intervenu entre Nabucco et Shah Deniz, le consortium TAP a lui aussi conclu le 23 janvier avec le consortium chargé de l'exploitation du champ gazier azéri un accord de principe en vue d'une entreprise commune, offrant lui aussi 50 % de ses parts à Socar, BP et Total. Si Nabucco a revu sa capacité de transport espérée à la baisse, de 31 à 16 milliards de m3 de gaz par an, le TAP projette de son côté d'acheminer de 10 à 20 milliards de m3 par an. Les deux projets ont d'ores et déjà mis hors jeu un autre projet concurrent, le South East Europe Pipeline (SEEP), piloté par BP, entre la Bulgarie et la Hongrie via la Roumanie. (EH)