Bruxelles, 23/01/2013 (Agence Europe) - Dans un rapport publié mardi 22 janvier en vue du Conseil européen des 7 et 8 février, consacré au cadre financier 2014-2020, le COPA-COGECA estime que les dépenses agricoles doivent être « maintenues au moins à leur niveau actuel jusqu'en 2020 ». Alors que la demande alimentaire mondiale devrait augmenter de 70 % d'ici à 2050 et que les craintes se font plus fortes face à l'extrême volatilité sur les marchés et aux mauvaises conditions météorologiques, « il serait totalement irresponsable de réduire encore davantage le budget de la politique agricole commune (PAC) », lequel connaît une baisse constante depuis des années. « Le rôle d'une PAC forte dotée d'un budget solide sera plus important que jamais à l'avenir », selon les organisations agricoles.
Selon le COPA-COGECA, le budget de la PAC ne constitue qu'un investissement mineur par rapport aux bénéfices substantiels et très divers qu'elle apporte en retour aux citoyens européens, bénéfices parfois considérés comme acquis. « Si nous voulons les conserver, nous devons également maintenir une PAC forte dotée d'un budget solide », lit-on dans le rapport. Les organisations agricoles expliquent ce que le budget de la PAC pour la période 2014-2020 permet: 1) l'emploi de presque 40 millions de personnes ; 2) la stabilité du marché et un choix de denrées alimentaires sûres, fiables et de qualité à des prix abordables pour 500 millions de consommateurs: les consommateurs ne dépensent actuellement que 14 % de leur revenu en moyenne pour leur alimentation. Mais la production alimentaire est très dépendante des conditions climatiques. Au cours des 17 dernières années, l'augmentation des coûts de production a largement dépassé celle des prix que les agriculteurs recevaient pour leurs produits. La volatilité du marché est devenue plus extrême. Or, la PAC fournit des outils tels que l'intervention publique européenne, qui aide à réguler le marché. Face au pouvoir d'achat considérable de quelques distributeurs, les agriculteurs peuvent également améliorer leur position sur le marché en s'unissant au sein de coopératives. En outre, la PAC finance la distribution de fruits et légumes et de lait dans les écoles, aidant ainsi les enfants à développer des habitudes alimentaires saines ; 3) des biens publics supplémentaires (espace rural attrayant, maintien de la biodiversité, gestion de l'eau) les agriculteurs prennent soin de trois quarts du territoire de l'UE ; 4) une production durable (protection des terres et de l'environnement et respect de normes élevées en matière de bien-être des animaux): le revenu des agriculteurs dans l'UE représente moins de la moitié du niveau moyen de revenu dans les autres secteurs (moyenne pour 2009-2011: 31 % dans l'UE-27 ; 46 % dans l'UE-15). Sans PAC, l'UE deviendrait « bien plus dépendante des importations », qui ne sont pas tenues de respecter les normes communautaires élevées en matière de production et de bien-être des animaux, « or elle n'a aucun contrôle sur la manière dont elles sont produites » ; 5) une contribution à la lutte contre le changement climatique: le secteur agricole de l'UE représente seulement 9 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'UE et est parvenu à les réduire de 22 % au cours de la période 1990-2010, contre moins 15 % dans les autres secteurs. La PAC peut aider les agriculteurs à apporter une réponse au changement climatique: les cultures agricoles absorbent les émissions de dioxyde de carbone dans le sol et peuvent également être utilisées pour produire des biocarburants et d'autres matériaux renouvelables ; 6) le renforcement de l'économie, étant donné que le secteur agricole est un acteur important du commerce de l'UE ; 7) un rôle majeur pour la PAC dans la construction de l'Europe, puisqu'il s'agit de la seule politique commune, pour un coût qui représente moins de 1 % des dépenses publiques totales des gouvernements de l'UE. Étant donné que la PAC est la seule politique commune intégralement financée par le budget de l'UE, il n'est pas étonnant qu'elle représente une part relativement large de ce budget. Si, par exemple, les dépenses pour la recherche étaient comme pour la PAC, totalement intégrées, son budget serait trois fois plus important que celui de celle-ci, explique le rapport. En outre, en dépit des nombreuses adhésions à l'UE, les dépenses pour la PAC, y compris les dépenses du développement rural, ont diminué de 71 % en 1980 à 40 % en 2013. Le budget total de l'UE ne représente que 2,3 % des dépenses nationales des gouvernements et la PAC seulement 0,93 %. « Contre 110 € par an, les agriculteurs garantissent aux citoyens européens un approvisionnement stable en denrées alimentaires de haute qualité », fait valoir le COPA.
Pekka Pesonen, le secrétaire général du COPA-COGECA, a déclaré: « Toute réduction supplémentaire du budget de la PAC serait inadmissible. La proposition de la Commission est déjà synonyme d'une coupe à hauteur de 10 % du budget de la PAC et les précédentes propositions du président du Conseil européen auraient eu pour conséquence une baisse considérable des paiements directs, allant jusqu'à 30 % dans certains pays. Ceci est inacceptable. Sans la PAC, il y aurait 27 politiques agricoles distinctes dans 27 États membres, ce qui coûterait aux gouvernements bien plus que la PAC. Les dépenses agricoles doivent être maintenues au niveau actuel au moins jusqu'en 2020 afin de garantir la viabilité du secteur et d'assurer sa capacité à répondre à une demande alimentaire croissante tout en favorisant la croissance et l'emploi dans les zones rurales de l'UE. Il est donc essentiel qu'une décision soit prise rapidement. »
Le COPA-COGECA organisera le 6 février une réunion de haut niveau, à Bruxelles, avec 400 participants, « afin de faire pression pour obtenir une PAC forte dotée d'un budget fort ». (LC)