Bruxelles, 31/05/2012 (Agence Europe) - Urgence à limiter la contagion de la crise dans la zone euro et à stimuler la croissance à court terme afin de donner aux peuples le sentiment que leurs sacrifices actuels portent leurs fruits ; extension du mandat de la BCE à la préservation de l'intégrité de la zone euro ; achèvement juridique, et physique, du marché unique ; importance des investissements privés, mais aussi publics, soupçonnés d'être générateurs de déficits dans la Traité de Maastricht et le Pacte de stabilité, ce qui a engendré trop souvent une carence de contrôles à l'égard des premiers ; nécessité d'un compromis entre tenants d'une intégration par le marché (Royaume-Uni, pays scandinaves) et tenants d'une intégration européenne plus politique et sociale (France, Allemagne...): voilà autant de sujets qu'a abordés le Premier ministre italien, Mario Monti, lors de son intervention au Brussels Economic Forum, jeudi 31 mai.
Lutte contre la crise. L'Europe doit « accélérer » les mesures visant à limiter la contagion de la crise dans la zone euro et à stimuler parallèlement la croissance. Faute de quoi, le soutien public à la rigueur pourrait s'essouffler: « L'Allemagne devrait réfléchir profondément, mais aussi assez vite » à cet aspect, a averti le Premier ministre italien. Selon lui, à coté du niveau de la dette publique de certains États membres, l'autre facteur qui favorise la contagion de la crise, reflété par la remontée actuelle des 'spreads' dans la zone euro est « le manque d'une trajectoire visible de croissance ». C'est là un facteur auquel la population, les milieux économiques et financiers et aussi les agences de notation donnent de plus en plus d'importance, à coté de la consolidation budgétaire, a considéré M. Monti. Et il s'est dit convaincu que, si le sommet européen arrivaient fin juin à approuver un ensemble crédible de mesures en faveur de la croissance, « les marchés percevraient très rapidement qu'il y a une perspective pour la croissance et cela se refléterait instantanément par une baisse du 'spread' pour un pays comme l'Italie ».
Mandat de la BCE. Le mandat de la BCE « Il ne doit pas être modifié », a dit M. Monti, opposé à l'inclusion de compétences en faveur de la croissance dans ce mandat. Selon lui, de telles compétences détourneraient les gouvernements de leur responsabilité d'entreprendre les réformes nécessaires pour rendre la croissance possible, car ils sauraient que la BCE peut suppléer par l'émission de monnaie. Par contre, M.Monti s'est dit partisan d'inclure dans le mandat de l'Institut de Francfort la préservation de l'intégrité de la zone euro, à coté du maintien de la stabilité des prix. (FG)