Bruxelles, 31/05/2012 (Agence Europe) - Le commandement de l'Armée syrienne libre à l'intérieur du pays a annoncé, jeudi 31 mai, qu'elle laisse jusqu'à vendredi 9h GMT pour appliquer le plan Annan, après quoi elle « ne sera plus tenue par aucun engagement lié au plan » et son « devoir sera (...) de défendre les civils ».
« Après le massacre barbare de femmes et d'enfants à Houla (...), nous annonçons que plus rien ne justifie le respect de la trêve de manière unilatérale car Assad a enterré le plan Annan au vu et au su du monde entier », a justifié l'ASL, précisant qu'elle lance cet ultimatum pour qu'il applique le plan.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a mis en garde contre le risque d'une guerre civile.
« Des massacres » du genre de celui d'Houla « peuvent faire sombrer la Syrie dans une guerre civile catastrophique, dont le pays ne pourra jamais se relever », a-t-il expliqué. « Nous ne sommes pas là-bas (en Syrie) pour jouer le rôle d'un observateur passif devant des atrocités sans nom », a-t-il ajouté.
L'ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Susan Rice, a souligné que faute d'une initiative rapide du Conseil de sécurité ou de l'application du plan Annan, « les membres du Conseil et de la communauté internationale n'auraient d'autre choix que d'envisager une action en dehors du cadre du plan Annan et de l'autorité du Conseil », sans déterminer la nature de cette action. Pour elle, l'issue la plus probable du conflit est « l'escalade de la violence, de l'extension et de l'intensification du conflit ».
La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a quant à elle dénoncé l'attitude russe. « Les Russes me disent qu'ils ne veulent pas voir une guerre civile. Mais je leur ai dit que leur politique allait contribuer à une guerre civile », a-t-elle expliqué ajoutant que « s'il n'y était pas mis fin, la violence en Syrie pourrait conduire à une guerre civile ou même se transformer en une guerre avec une intervention extérieure en raison du soutien de l'Iran au régime syrien du président Bachar el Assad ». Pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, « la position de la Russie et de la Chine montre qu'elles s'accrochent au passé. L'histoire est du coté de la démocratie ».
À Bruxelles, le vice-ministre du Département international du Parti Communiste chinois, Li Jinjun, a justifié la position de son pays, précisant que « la non intervention est une pierre angulaire de notre politique extérieure. Nous croyons qu'en aucune circonstance, on ne doit intervenir sur un territoire souverain. (…) La décision doit être prise par le peuple du pays ». Il a aussi appelé le gouvernement syrien à répondre à la demande de changement de son peuple, à avoir « une concertation pacifique avec l'opposition et d'entamer un dialogue politique inclusif » et les parties à arrêter la violence et à appliquer le plan Annan. (CG)