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Bulletin Quotidien Europe N° 10588
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

UpM, la meilleure réponse au printemps arabe selon Paris

Bruxelles, 03/04/2012 (Agence Europe) - L'UpM, l'Union pour la Méditerranée, est « plus que jamais utile », a affirmé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères interrogé le 30 mars par la presse sur le devenir de cette institution qui n'a pas encore, d'un avis généralement admis, donné les résultats escomptés. En plein campagne présidentielle en France, les médias nationaux citent fréquemment cette initiative française et la classent parmi les éléments négatifs du bilan du président sortant, Nicolas Sarkozy. Notamment à cause des dépenses jugées excessives - 16,6 millions d'euros pour le seul sommet de lancement selon la Cour des comptes française - que l'UpM génèrent. Ensuite pour la confrontation qu'elle a suscitée entre la France et l'Allemagne et aussi les institutions européennes.

Les médias français soulignent également la défaillance, politique, des acteurs mis en avant par le président Sarkozy. Il avait fait des présidents égyptien, Moubarak, tunisien, Ben Ali et syrien, Bashar el Assad, ses principaux partenaires dans ce dialogue dans lequel il n'avait toutefois pas réussi à attirer son allié d'alors, le colonel Kadhafi dont il voulait faire le pivot de cette politique en mal de financement pour ses projets.

Pourtant, après plus de trois ans de coprésidence française de l'UpM, Paris affirme que l'UpM demeure la seule vraie réponse au 'printemps arabe' et aurait même été prémonitoire. « Nous pensons que ce qui est en train de se passer dans le cadre des 'printemps arabes' est une bonne raison pour faire avancer encore plus le projet », a assuré le porte-parole français. Selon lui, la France plaide ainsi pour « la poursuite, l'approfondissement, le développement d'un exercice collectif de responsabilité autour de ce qui est l'un des berceaux de l'humanité ». Citant son ministre, il a souligné combien l'UpM est « un projet pertinent » qui s'impose à tous plus que jamais. Et d'ajouter: « Il serait tellement facile de ne rien faire et de laisser les choses comme elles sont, sauf que nous vivons dans un monde qui bouge très vite. Il a bougé très vite depuis un an au sud de la Méditerranée et il faut s'adapter (...). C'est évidemment la position qui consiste à ne rien faire qui présente le plus d'avantages. Ce n'est pas la façon dont la France voit le monde ni la façon dont la diplomatie française agit sur le monde. À partir de là, on relance l'Union pour la Méditerranée ».

Le diplomate a mis en avant le « renforcement depuis un an du Secrétariat général de l'UpM à Barcelone ». La France a « passé le témoin de la coprésidence à l'UE » mais cela ne signifie pas « un effacement de la France, au contraire ». D'après lui, une telle évolution est « le résultat du travail mené avec Mme Ashton et tous nos partenaires européens pour qu'il y ait toute l'Europe dans le poste de pilotage de l'UpM ». Et la France ne désespère pas d'arriver, « le plus rapidement possible », à une évolution « au niveau de la coprésidence côté sud ».

Projets concrets. Parmi les acquis de l'UpM, la France met en avant le lancement de « projets concrets » dont les sources de financements ne sont cependant pas annoncées. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a évoqué « l'usine de dessalement de Gaza, les réunions sur la condition des femmes dans les pays concernés, les projets d'échanges universitaires, les projets de développement de coopération entre les sociétés civiles des pays participants », de même que des projets de transfert d'électricité et les questions environnementales. Autant de projets dont « on ne parle pas assez », a-t-il déploré. Et le diplomate de souligner: « Tout ceci est important parce que nous allons laisser cette Méditerranée aux générations suivantes et notre responsabilité c'est de la laisser dans un état qui soit à peu près convenable. Voilà pourquoi nous croyons aussi au projet de l'UpM. Derrière tout cela, il faut de la volonté politique et nous pensons que précisément cette volonté politique s'exprime au nord avec l'implication de l'Union européenne, et doit trouver son écho avec une implication croissante des pays du sud ». Il a par ailleurs appelé les membres de l'UpM à « un exercice supérieur de responsabilité » qui amène à ne pas s'arrêter sur telle ou telle situation individuelle. L'Union pour la Méditerranée doit être « le produit d'une dynamique forte de coopération collective entre tous les pays qui sont autour de cette mer », a-t-il estimé. (FB)

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