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Bulletin Quotidien Europe N° 10588
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

L'ASEAN veut reprendre les négociations de bloc à bloc

Bruxelles, 03/04/2012 (Agence Europe) - Après Singapour et la Malaisie, l'UE devrait négocier un accord bilatéral de libre-échange avec un troisième partenaire en Asie du Sud-Est, le Vietnam. Mais la région ASEAN aimerait reprendre les négociations de bloc à bloc avec l'UE, gelées en 2009.

La réunion des ministres de l'Économie de ses dix pays membres (Brunei, Birmanie/Myanmar, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) le 31 mars à Phnom Penn a donné l'occasion à l'ASEAN d'exprimer au commissaire Karel De Gucht, qui participait aux travaux, son souhait de reprendre les pourparlers pour un accord de libre-échange de bloc à bloc avec l'UE, gelées en 2009.

Lancées en 2007 par son prédécesseur Peter Mandelson, les négociations avaient à l'époque dû faire face à deux écueils majeurs. D'une part l'hétérogénéité du bloc asiatique, qui avait de facto exclu de la négociation de bloc à bloc la Birmanie/Myanmar, le Cambodge et le Laos, qui bénéficiaient déjà, en tant que pays moins avancés, de l'initiative européenne 'Tout sauf les armes' dans le cadre du système de préférences généralisées de l'UE.

D'autre part, la situation politique de la Birmanie/Myanmar, que l'UE avait exclue des négociations pour son régime dictatorial. Dimanche, les ministres de l'ASEAN ont plaidé pour une reprise de négociations de région à région avec l'UE, parallèlement aux négociations menées par les Vingt-sept pour des accords de libre-échange individuels, en cours avec Singapour et la Malaise, et à venir avec le Vietnam, et possiblement avec l'Indonésie et la Thaïlande. Une demande en partie argumentée par l'évolution positive de la situation en Birmanie/Myanmar qui, après des réformes substantielles depuis un an, pourrait voir les sanctions de l'UE à son égard allégées en avril, en récompense du bon déroulement des élections législatives conduites dans le pays le 1er avril (voir autre nouvelle). La levée des sanctions politiques précéderait celle des sanctions économiques - la restauration des préférences commerciales dans le cadre de l'initiative « Tout sauf les armes » - qui, plus complexe, est liée à la lecture d'un rapport en cours de l'OIT sur le travail forcé en Birmanie.

S'il assure que l'exécutif européen vise toujours, à terme, un accord de bloc à bloc avec la région ASEAN, que les pourparlers en cours avec certains pays faciliteront, le commissaire De Gucht a souligné les attentes de l'UE en matière d'opportunités commerciales dans la région. Un tel accord devra couvrir les biens et services, et inclure les barrières non tarifaires, l'investissement, les marchés publics et la propriété intellectuelle.

Les échanges entre l'UE et l'ASEAN ont atteint 206 milliards d'euros en 2010, faisant de la région le 5ème partenaire commercial des Vingt-sept. Comptant pour 10,7% de ses échanges commerciaux, l'UE est elle-même le 3ème partenaire du bloc asiatique, après la Chine et le Japon. En revanche, l'UE est de loin le plus important investisseur dans la région avec 20,6% des IDE étrangers réalisés entre 2008 et 2010. (EH)

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