Bruxelles, 03/04/2012 (Agence Europe) - Le nombre de ruminants infectés par le virus de Schmallenberg dans huit pays de l'UE (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, France, Italie, Luxembourg et Espagne) est peu élevé comparé au nombre total de bêtes dans chacun de ces pays, a estimé mardi 3 avril l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Elle a publié la veille son second rapport sur le virus de Schmallenberg, qui affecte des centaines d'élevages en Europe, un rapport qui a été présenté lors d'une grande conférence internationale, à Bruxelles, consacrée à cette maladie.
L'EFSA précise que le virus peut affecter aussi bien les ruminants domestiques que sauvages, et peut conduire dans certains cas à des malformations congénitales graves chez les ruminants. Les données recueillies par les États membres ont permis à l'EFSA d'analyser la répartition géographique actuelle et l'impact de la maladie dans l'UE. « Une certaine prudence devrait néanmoins être de mise lors de l'interprétation des données, car une sous-déclaration des cas ou l'absence de confirmation du diagnostic peut affecter l'image que nous avons aujourd'hui de la prévalence de la maladie », signale toutefois l'EFSA.
Tous les États membres concernés ont signalé le nombre de cas confirmés de ruminants porteurs du virus de Schmallenberg (après un diagnostic par PCR ou une confirmation sérologique). Mais seules la France et l'Italie ont également rapporté le nombre de troupeaux suspects. Selon l'EFSA, le nombre de cas confirmés (par un test PCR ou confirmation sérologique) « peut constituer une sous-estimation du nombre de ruminants infectés, en particulier s'agissant les veaux ». En ce qui concerne la distribution temporelle des troupeaux confirmés, « on observe une augmentation du nombre de ruminants contaminés par le virus jusqu'à la neuvième semaine de l'année 2012, suivie d'une forte baisse dans les semaines 10 et 11 » (mais des données manquent sur les dernières semaines). L'évolution observée de la détection des cas par espèces tend à confirmer l'hypothèse selon laquelle l'infection a pu se produire pendant une certaine période de la gestation.
Le virus Schmallenberg présente un risque négligeable pour la santé humaine, avait assuré le 16 février l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). La Russie et le Bélarus ont suspendu récemment les importations de certains types de bétail, à cornes notamment, en provenance de l'Union européenne en raison de la propagation du virus. Ce dernier provoque fièvres et diarrhées chez les animaux adultes mais il peut entraîner des malformations des fœtus voire des avortements lorsqu'il atteint des femelles pendant la gestation. Aucun vaccin contre cette maladie n'existe actuellement. Selon l'OIE, le virus serait très probablement transmis par des moustiques ou d'autres petits insectes piqueurs. (LC)