Bruxelles, 03/04/2012 (Agence Europe) - « Dans tout pays dans lequel les droits des peuples à la liberté religieuse ont été violés ou menacés, la société dans son ensemble est en danger ». C'est ce qu'affirme la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), à l'issue d'un séminaire organisé le 30 mars à Bruxelles, auquel ont participé des représentants du Service européen d'action extérieure (SEAE). La COMECE et la commission « Église et société » de la Conférence des Églises européennes (CEC) demandent à la Commission européenne et au SEAE d'établir une meilleure surveillance des violations de la liberté religieuse en Europe, soulignant que la liberté religieuse est un important indicateur pour mesurer le respect des droits de l'Homme dans son ensemble.
Les représentants du SEAE ont indiqué qu'ils comptaient améliorer le suivi des violations de la liberté religieuse par une stratégie plus systématique et coordonnée à l'échelle européenne. Les Églises ont apporté leur entier soutien à l'augmentation des moyens d'action du SEAE pour mener à bien cette politique et l'ont encouragé à développer une « boîte à outils » comportant des mesures et des instruments d'action pour contrer les violations faites à la liberté religieuse dans le monde, en lui proposant leur expertise en la matière. Concernant les États candidats à l'adhésion à l'UE, la Commission européenne devrait suivre avec plus d'attention le respect du droit fondamental à la liberté religieuse et ses aspects corollaires (droits à la propriété, application de l'état de droit), a ajouté la COMECE. Elle recommande des démarches claires et univoques allant dans le sens de l'application de la liberté religieuse comme préalable à toute adhésion d'un État à l'UE. S'agissant de la dimension intérieure, les Églises demandent aux institutions européennes, au nom de l'article 2 du Traité UE et de l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux, de garantir une interprétation de ce droit fondamental qu'est la liberté religieuse qui ne soit pas seulement réduite à une dimension individuelle, mais qui comprenne également pleinement sa dimension sociale et institutionnelle. Par exemple, veiller au respect du droit des Églises minoritaires et des communautés religieuses dans des dispositions anti-discrimination. Enfin, les Églises ont demandé à l'Agence européenne des droits fondamentaux de mener une enquête sur les discriminations en matière de liberté religieuse dans les États membres et les pays candidats, avec la collaboration des États concernés. « Les récentes attaques basées sur la haine religieuse montrent clairement que le respect de la liberté religieuse est au cœur de notre 'vivre ensemble' en Europe (…) Il est à cet égard important de reconnaître le rôle positif que joue la religion dans la vie publique et dans la société », conclut la COMECE. (IL)