Bruxelles, 03/04/2012 (Agence Europe) - Le Comité économique et social européen (CESE) y va des ses recommandations pour remédier aux problèmes des îles, à l'instar d'initiatives similaires prises par le Parlement et le Comité des régions. L'avis d'initiative de José María Espuny Moyano a été adopté par le CESE lors de sa session plénière ces 28 et 29 mars derniers. Faisant le bilan des particularités communes aux régions insulaires et qui les distinguent des territoires continentaux, M. Espuny Moyano renouvelle son appel à la Commission européenne de revoir la définition des îles. Elle devrait en effet être actualisée pour tenir compte de l'élargissement de l'UE, incluant des États membres insulaires, estime-t-il.
Mais au-delà du vocable en lui-même, il faut surtout répondre aux « désavantages concrets » par une « stratégie appropriée ». Celle-ci devrait avant tout permettre de rendre les îles plus accessibles, ce qui passe aussi par une meilleure interconnexion entre elles. Le CESE préconise donc de diminuer les coûts du transport de marchandises et de passagers.
Si les îles sont un lieu de villégiature privilégié par les touristes européens, le revers de la médaille est que les zones insulaires sont devenues trop dépendantes du tourisme. Ce qui pose problème surtout en période de crise. Il faudrait donc viser une diversification des secteurs économiques, avec une orientation vers des activités complémentaires permettant un autre développement de l'économie. L'avis d'initiative fait également référence au tourisme social, qui doit être soutenu via le projet CALYPSO, ou au tourisme côtier et maritime durable.
Les secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche forgent aussi les économies locales, et sont une source d'approvisionnement indéniable. Mais ce sont aussi des secteurs fragiles, qui peuvent difficilement se mesurer à la concurrence internationale. M. Espuny Moyano souhaiterait dès lors que la politique agricole commune (PAC) considère les îles comme des zones défavorisées, au même titre que les zones montagneuses. En un mot, les montants des fonds octroyés par la PAC devraient mieux refléter l'insularité.
De même, le rapporteur pour le CESE estime que ces régions devraient « bénéficier de dispositions spécifiques » dans le nouveau cadre financier pluriannuel 2014-2020, notamment en augmentant les taux de cofinancement par l'UE.
Par ailleurs, l'énergie devrait figurer dans une stratégie propre aux îles, afin de sécuriser l'approvisionnement et la production par des énergies renouvelables, ainsi que l'éducation, qui devrait être garantie en dépit des spécificités liées à l'insularité. Il s'agirait de promouvoir la formation permanente, surtout dans le tourisme, en tant qu'activité économique principale de ces régions. Autant de piste à suivre pour combler les déficits des îles. (MD)