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Bulletin Quotidien Europe N° 10588
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) portugal

Troïka, retour possible sur les marchés mi-2013 si le cap est maintenu

Bruxelles, 03/04/2012 (Agence Europe) - Le Portugal a jusqu'ici largement respecté ses engagements et devrait pouvoir remplir ses objectifs, notamment celui de revenir sur les marchés en septembre 2013, sans aide supplémentaire, a estimé mardi 3 avril à Bruxelles le chef adjoint de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) Peter Weiss. Cette évolution positive reste conditionnée à l'environnement européen, notamment à la situation économique du voisin espagnol, qui ne doit pas se dégrader plus que prévu et à la confiance que les marchés accorderont à Lisbonne. Selon le chef adjoint, si le programme portugais se déroule en effet « très bien pour l'instant », tout ne « dépend pas du seul gouvernement portugais » et il reste important que celui-ci « ne dévie pas de sa trajectoire ».

Ces observations sont issues de la 3ème mission d'évaluation de la troïka qui s'est rendue dans le pays en février pour y analyser les réformes demandées à Lisbonne en échange du plan d'aide de 78 milliards d'euros débloqué mai 2011. Fin février, la troïka avait déjà donné son feu vert au versement d'une nouvelle tranche de son prêt, à hauteur de 14,9 milliards d'euros (EUROPE n°10563). Le FMI devrait donner son aval, ce mercredi, au versement de sa propre contribution financière.

Le Portugal s'est en effet acquitté jusqu'ici - totalement ou partiellement - de près de « 110 mesures sur les 120 demandées », a fait valoir M. Weiss. Bien que certaines réformes doivent encore porter leurs fruits ou certaines mesures encore voir le jour, comme la libéralisation des services et des professions règlementées, le pays est « sur la bonne voie », a-t-il jugé. Figurent selon lui parmi les motifs de satisfaction: un budget 2012 « solide », un « effort d'ajustement pour 2011 et 2012 qui sera de 7,5% du PIB, ce qui est très ambitieux ». Le déficit public du Portugal s'est élevé à 4,2% du PIB national en 2011. Autres points positifs mentionnés: le consensus politique et social autour de ces mesures, et les signaux actuellement positifs observés sur les marchés comme la baisse du différentiel entre les taux d'intérêt appliqués à la dette portugaise à long terme et le taux allemand servant de référence ('spread').

De nombreux défis. Comme l'avait déjà indiqué la 'troïka' fin février, une série de défis demeurent posés pour le pays. La conjoncture économique se dégrade plus que prévu et le taux de chômage a été revu à la hausse. Pour 2012, les créanciers du pays anticipent en effet une baisse du PIB portugais de l'ordre de 3,3%, la Banque du Portugal misant même sur une baisse de 3,4%. Quant au chômage, des récents chiffres indiquent un taux atteignant 15% de la population active en 2012. C'est plus que les 14,5% anticipés par la Commission dans ses dernières prévisions. D'ailleurs, M. Weiss peine à expliquer une telle augmentation du chômage.

Ces mauvaises perspectives ne signifient cependant pas que le Portugal ne sera pas capable de revenir sur les marchés en septembre 2013, a indiqué le fonctionnaire de la Commission. M. Weiss a cependant reconnu que plusieurs hypothèses restent envisageables, en raison notamment des circonstances extérieures qui viendraient compliquer la tâche du Portugal. Dans ce cas de figure, les pays de la zone euro se sont déjà engagés à « continuer à financer le pays si nécessaire », a-t-il souligné. Autre scénario possible mais « pas envisagé »: le gouvernement décide de retarder un premier remboursement de 10 milliards d'euros prévu en septembre 2013, à l'image de ce qu'a fait l'Irlande, autre État membre bénéficiant d'une aide financière internationale. Début 2012, Dublin a échangé avec succès des titres souverains d'une valeur totale supérieure à 3,5 milliards d'euros et arrivant à maturité en 2014 pour de nouveaux titres arrivant à échéance une année plus tard mais bénéficiant d'un taux d'intérêt supérieur. Une manière de se donner plus de temps, certes à un coût supérieur, pour honorer ses engagements financiers. (SP/MB)

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