Bruxelles, 14/04/2011 (Agence Europe) - L'UE s'active sur tous les fronts pour aider Alassane Ouattara, président ivoirien qui a pris mardi les rennes de son pays, à tenir ses promesses de réconciliation nationale, de rétablissement de la sécurité et de reconstruction. Une délégation de haut niveau de l'UE, composée de hauts fonctionnaires du Conseil (unité gestion des crises) et de la Commission (DG ECHO et DG DEVCO) devrait être dépêchée la semaine prochaine à Abidjan pour s'entretenir avec Alassane Ouattara des besoins immédiats aux plans politique, humanitaire et économique, ont indiqué jeudi des sources européennes. Dans le même temps, la Commission s'apprête à accroître significativement son aide humanitaire à la Côte d'Ivoire et au Liberia voisin. Quatre experts d'ECHO sont déjà sur place dans l'Ouest du pays. Une délégation de trois autres experts partira samedi pour Abidjan en vue d'évaluer les besoins et de donner à la commissaire Kristalina Georgieva une idée du montant requis au-delà des 30 millions d'euros déjà mobilisés par la Commission (56 millions au total en incluant l'aide des 27).
« Ouattara a dit qu'il voulait un processus de réconciliation. Nous espérons que lorsqu'il nommera son gouvernement, il inclura toutes les composantes politiques », ont dit ces sources. La priorité absolue est d'aider le gouvernement à fonctionner, en particulier dans le secteur social (hôpitaux, eau, assainissement, écoles), ce qui suppose de rétablir le droit et l'ordre, d'assurer au gouvernement des recettes et de réussir la réconciliation. L'UE ayant levé partiellement les sanctions économiques, « il n'y a plus d'obstacle à la reprise du commerce du cacao, mais il faut encore remettre d'aplomb le système bancaire. Dans l'intervalle, Ouattara a besoin d'argent cash », ont souligné les hauts fonctionnaires.
Le million d'euros disponible pour aider au rétablissement de la stabilité et les 180 millions d'euros mis à disposition par la Commission pour remettre le pays sur la voie de la réconciliation, la démocratie, la relance économique et le développement durable, forment le noyau du paquet post-crise. La Commission espère voir s'y ajouter des contributions des 27 (la France a déjà promis 400 millions d'euros) pour pouvoir commencer un exercice de programmation conjointe. Les sanctions ciblées individuelles frappant Laurent Gbagbo et ses partisans sont toujours d'application, mais « nous sommes en contact avec Ouattara pour savoir quand les lever », ont indiqué ces sources. S'agissant des processus de réforme du secteur de la sécurité (RSS) et de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des combattants, l'UE attend de connaître « quel soutien apporter à l'ONU pour accélérer le processus ». (A.N).