Bruxelles,14/04/2011 (Agence Europe) - C'est sans grand enthousiasme que le groupe des Verts du Parlement européen a salué l'adoption, mardi 12 avril, du rapport de Saïd El Khadraoui sur la directive révisée Eurovignette (EUROPE n° 10357), en estimant que le compromis entériné est « une avancée quant à une possible application du principe du pollueur-payeur au transport routier de marchandises » mais « assortie de restrictions bien trop contraignantes » pour « déboucher sur des progrès significatifs ». « Les États membres ont à ce point corseté les modalités de mise en œuvre du principe du pollueur-payeur, en commençant par limiter les pollutions prises en compte aux seuls polluants atmosphériques et nuisances sonores, qu'on risque d'attendre longtemps encore le moindre effet sur le terrain de la nouvelle directive », a estimé dans un communiqué la Belge Isabelle Durant. Le Français Jean-Paul Besset a également regretté des concessions trop importantes faites aux États membres. « Les nuisances du transport routier sont aujourd'hui subies et payées par l'ensemble de la société. La nouvelle directive Eurovignette marque une petite étape vers le principe pollueur payeur, mais vidée de ses ambitions par les États membres, c'est une étape manquée vers un avenir durable des transports », a-t-il estimé dans le même communiqué.
Pour le groupe ADLE, Dirk Sterckx a estimé que le rapport voté par la commission des transports mardi « était un texte réaliste ». Il a en revanche insisté sur le besoin de réinvestir les revenus de l'Eurovignette au bénéfice du transport routier. « Dans la mesure où les trois quarts des marchandises en Europe sont transportées aujourd'hui par voie routière, nous devons être réalistes dans la législation à mettre en œuvre. Nous demandons la reconnaissance du principe du 'pollueur-payeur' en intégrant les coûts externes tels que la pollution atmosphérique et sonore, afin d'assurer que les prix du transport routier des marchandises lourdes reflètent davantage leur coût réel pour la société », a commenté M. Sterckx dans un communiqué publié mercredi. « Nous demandons la reconnaissance du principe du 'pollueur-payeur' en intégrant les coûts externes tels que la pollution atmosphérique et sonore, afin d'assurer que les prix du transport routier des marchandises lourdes reflètent davantage leur coût réel pour la société », a ajouté le parlementaire.
Le plus important est l'affectation de recettes générées par ce système, souligne M. Sterckx. La commission des transports recommande que le fruit de la taxe Eurovignette soit affecté de façon à ce que les dommages environnementaux puissent être progressivement réduits. « Affecter l'Eurovignette est une proposition sérieuse pour améliorer nos infrastructures de transport et réduire la pollution des transports routiers. C'est pourquoi nous pensons que l'argent ainsi perçu doit être réinjecté au profit du secteur des transports et afin d'optimiser le système de transport », conclut-il. (A.By.)