Bruxelles, 14/04/2011 (Agence Europe) - Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, s'est dit mercredi 13 avril préoccupé par le manque de coopération en Europe dans l'actuelle crise migratoire, estimant que cette lacune met en danger « le respect des droits de l'Homme ». M. Jagland a ainsi appelé les États membres de l'UE et du Conseil de l'Europe à améliorer leur coopération pour répondre aux flux migratoires en provenance d'Afrique du Nord et proposé l'assistance de son organisation pour aider notamment les pays membres à mettre en place des procédures d'accueil « adéquates ». Les migrants et les demandeurs d'asile, en particulier les enfants, a dit le secrétaire général, sont souvent très vulnérables et ne devraient pas avoir « à subir de longues périodes d'incertitude, d'insécurité et de détention ». M. Jagland a aussi demandé aux gouvernements de s'entraider. Le Conseil de l'Europe, qui a entamé la préparation de lignes directrices pour l'accueil des migrants, fera la semaine prochaine des propositions en ce sens aux ministres compétents.
Jeudi 14 avril, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a par ailleurs demandé à la France de « renforcer » sa collaboration face à l'afflux de migrants tunisiens et regretté qu'une partie de la réaction française émane d'une « préfecture frontalière » de l'Italie, à savoir le poste de Vintimille. « Avec la France, la collaboration doit être renforcée d'une façon sérieuse. La politique ne peut être confiée à des réponses du tac au tac de quelque préfecture frontalière », a-t-il dit au quotidien Il Sole 24 Ore.
Lundi 11 avril, à Luxembourg, les 27 avaient refusé de prendre en charge une part du « fardeau » des migrants tunisiens arrivés ces derniers mois en Italie, certains États membres ayant appelé Rome à renvoyer ces migrants chez eux et dénoncé la décision italienne de délivrer des titres de séjour provisoires à ces personnes pour pouvoir circuler dans l'espace Schengen. La France avait rappelé à cette occasion qu'elle continuerait de renvoyer les migrants tunisiens vers l'Italie si leurs titres de séjour devaient ne pas être conformes. (S.P.)