Bruxelles, 14/04/2011 (Agence Europe) - À l'heure où l'adoption du concept d'opération pour EUFOR Libye est subordonnée à une requête du bureau de coordination de l'action humanitaire de l'ONU (OCHA), le respect des grands principes gouvernant l'aide humanitaire et la nécessité d'éviter la confusion des rôles entre acteurs militaires et acteurs humanitaires ont été rappelés, mercredi au Parlement européen à Bruxelles. L'audition publique organisée à ce sujet par l'eurodéputée Michèle Striffler (PPE, française), rapporteur permanent pour l'aide humanitaire au Parlement, a permis à de hauts représentants d'organisations humanitaires et militaires, et du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), de débattre des risques d'une politisation/militarisation de l'aide humanitaire.
Le recours à des moyens militaires à l'appui des organisations humanitaires en Libye devrait se faire en dernier recours, s'il n'y a pas de solution civile comparable et dans un esprit de communication et de dialogue, a souligné Mme Striffler, livrant ainsi la conclusion du débat.
« L'aide humanitaire doit être fournie de façon neutre, impartiale et indépendamment de toute considération d'ordre politique. Ces principes humanitaires n'ont pas un caractère dogmatique mais découlent de considérations opérationnelles et d'efficacité », a-t-elle précisé. En effet, si la distinction entre les mandats des acteurs militaires et humanitaires doit rester bien claire - conformément aux directive d'Oslo de 1994 - c'est pour assurer l'accès aux populations affectées et pour ne pas mettre en danger les travailleurs humanitaires. Tous en sont conscients.
« Soumettre l'aide humanitaire à un objectif politico-militaire est une recette d'échec. L'Afghanistan en est un exemple flagrant où les travailleurs humanitaires sont perçus comme des mandataires politiques et non pas comme des opérateurs neutres. Cependant, il existe manifestement des situations où un engagement militaire à l'appui d'opérations humanitaires est nécessaire comme ce fut le cas après le tremblement de terre dévastateur en Haïti», a reconnu la présidente de l'audition. (A.N.)