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Bulletin Quotidien Europe N° 10359
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Remarques sur la suite de trois dossiers déjà traités dans cette rubrique

Certains sujets dont cette rubrique s'est récemment occupée ont connu des évolutions ou des suites parfois significatives, qui méritent peut-être quelques remarques.

Contre les gaspillages budgétaires. Actuellement, c'est l'Europe qui est pauvre, avais-je écrit récemment dans cette rubrique (bulletin n° 10348) en me référant à la fois à l'UE en tant que telle et à ses États membres. Il se confirme que c'est en Europe que les politiques d'austérité sont les plus rigoureuses, alors que la Chine, l'Inde et d'autres pays émergents, pour ne pas parler des géants du pétrole, gonflent leurs réserves monétaires et multiplient leurs achats de biens européens. Pourtant, en suivant l'activité européenne, on constate encore des gaspillages. Quelle est, par exemple, l'utilité de l'Union pour la Méditerranée (UpM) et de sa bureaucratie qui vient de se réunir pour s'occuper notamment du budget de son secrétariat général, avec ses employés et prestataires de services ? Pour le simple fonctionnement, l'UE et ses États membres ont engagé 4,5 millions d'euros (aucun pays de l'autre rive n'a versé sa contribution). Notre bulletin n° 10356 a fait le point sur la situation de cet organisme, auquel il faut ajouter le coût bien plus important d'une Assemblée parlementaire mixte inutile (et parfois nocive) depuis qu'elle existe, et qui le sera encore davantage à l'avenir.

Sur un plan général, le Parlement européen a pris différentes mesures d'austérité. Mais parallèlement, pour des dépenses autres que les siennes, il continue à voter pour la distribution de subventions à droite et à gauche, chaque rapporteur, commission parlementaire ou groupe politique ayant ses protégés. Certains événements récents dans lesquels quelques députés étaient impliqués devraient inviter à la prudence lorsque de l'argent est en jeu, afin de pouvoir sauvegarder les dépenses vraiment utiles, voire indispensables, comme les financements supplémentaires aux quelques pays où le Printemps arabe est une réalité indiscutable.

Le rôle de Mme Ashton se clarifie. La fiction des rôles multiples se désagrège progressivement, comme prévu par cette rubrique dans les bulletins n° 10341 et n° 10342. Catherine Ashton ne participe presque jamais aux réunions de la Commission européenne, dont elle est théoriquement la vice-présidente. Elle préside aussi souvent que possible le Conseil « Affaires étrangères », mais elle a déjà demandé à l'un ou l'autre ministre membre de ce Conseil de la remplacer, en raison des engagements implicites dans sa tâche réelle, la seule qu'elle peut exercer efficacement: conduire le service diplomatique vaste et multiforme dont l'Europe s'est dotée, en représentant l'UE dans les réunions internationales et en diffusant des déclarations. Mais chaque fois qu'un journaliste lui demande de prendre position sur une question controversée, sa réponse est invariable: elle n'est pas ministre européen des Affaires étrangères (titre que souvent la presse lui attribue). Ses nombreuses déclarations au nom de l'UE sont peut-être inévitables, mais si on les analyse, on constate qu'elles dépassent rarement la banalité. J'en ai examiné en détail une toute récente sur les événements dramatiques en Syrie (notre bulletin n° 10356 en a rendu compte). Elle condamne fermement la poursuite des violences et les morts, regrette sincèrement les pertes de vie, adresse ses condoléances aux familles des victimes, et souligne que l'État doit garantir la liberté d'expression, les droits fondamentaux et la primauté du droit, en concluant avec une fermeté digne de la remontrance d'un maître d'école à un élève indiscipliné: « et cela doit commencer dès maintenant ». Les autorités syriennes ne donnent pas l'impression de l'avoir écoutée.

Effets positifs du nouveau rôle du Parlement dans le domaine commercial. Cette rubrique a exprimé récemment la conviction que le Doha Round de l'organisation mondiale du commerce (OMC) ne pourra se conclure positivement qu'à la condition que les négociateurs se satisfassent de ce qui est déjà acquis, sans rechercher trop de résultats supplémentaires. En même temps, j'ai exprimé mon scepticisme sur la conclusion de l'accord UE/Mercosur, et j'ai récemment appris par notre bulletin n° 10357 que le projet d'accord UE/Inde pourra difficilement aboutir. Dans ce domaine, c'est le Parlement européen qui surveille de manière de plus en plus attentive les conditions des projets d'accords avec les pays tiers, en veillant à ce que la liberté des échanges soit subordonnée au respect de normes écologiques et de la propriété intellectuelle, la réciprocité d'accès aux marchés publics et surtout la qualité des produits alimentaires. Ce n'est pas du protectionnisme, car l'expansion du commerce continue à dépasser celle de l'activité économique, mais l'exigence d'échanges commerciaux respectueux des grands principes de la vie en commun dans un monde vivable. C'est un domaine où le renforcement des pouvoirs du Parlement européen joue un rôle positif indiscutable. (F.R.)

 

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