Bruxelles, 25/11/2010 (Agence Europe) - La levée de l'interdiction des farines animales pour les non-ruminants (porcs, volailles, poissons) n'est pas pour tout de suite, car un travail d'analyse scientifique est nécessaire avant de l'envisager, même si cette mesure permettrait d'offrir une source de protéines pour ces animaux d'élevage et aussi de réduire la dépendance de l'UE à d'autres sources de protéines.
Dans des conclusions sur la feuille de route n° 2 (2010-2015) pour les EST (encéphalopathies spongiformes transmissibles) que le Conseil Agriculture doit adopter lundi 29 novembre, les ministres estiment que toute éventuelle réintroduction de l'utilisation des protéines animales transformées (PAT) issues de non-ruminants dans l'alimentation d'autres espèces de non-ruminants « est nécessairement subordonnée à la réalisation de tests efficaces et validés permettant d'établir une distinction entre les PAT issues d'espèces différentes et à une analyse approfondie des risques liés à l'assouplissement de la réglementation en termes de santé publique et animale ». Le Conseil se dit conscient « des aspects éthiques et environnementaux importants liés à l'utilisation des PAT en tant que composants de l'alimentation des animaux d'élevage ».
La Commission européenne, de son côté, se félicite du soutien apporté par le Conseil à la nouvelle feuille de route pour les EST (présentée en juillet dernier, EUROPE n° 10183), et confirme que « toute avancée dans ce domaine » de l'assouplissement des règles sur l'interdiction des PAT « devra être subordonnée à des analyses scientifiques, donc à une consultation de l'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments ». Mais la Commission souhaite maintenir l'interdiction du « cannibalisme animal » (un porc ne mangera pas de farines de porc, par exemple). Pour rappel, le 1er janvier 2001, en pleine crise de la maladie de la vache folle, l'UE a totalement interdit l'utilisation des protéines animales transformées dans les aliments destinés aux animaux élevés à des fins de production alimentaire, à quelques exceptions près (telles que l'utilisation de farines de poisson pour les non-ruminants). Dans ses conclusions, le Conseil admet « l'importance fondamentale de l'interdiction d'utiliser des PAT dans les aliments destinés aux animaux d'élevage pour la prévention de la transmission de l'encéphalopathie spongiforme bovine via la chaîne alimentaire, cette interdiction jouant ainsi un rôle majeur dans la réduction de l'incidence de cette maladie dans la population bovine ».
Révision de la surveillance de l'ESB. Le Conseil souhaite aussi adapter le système de surveillance de l'ESB chez les bovins « en vue de mieux cibler l'activité de surveillance ». Ceci pour que le système de surveillance de l'UE soit « plus ciblé et efficace et présente un meilleur rapport coût-efficacité pour tous les États membres ». Enfin, le Conseil « prend note » des autres priorités énoncées par les experts vétérinaires: - la poursuite de la révision de la liste des matériels à risques spécifiés (MRS) et de la limite d'âge des animaux à partir de laquelle un test de dépistage doit être effectué (la Commission envisage la poursuite du relèvement progressif de la limite d'âge pour la réalisation de tests de dépistage) ; - la redéfinition des objectifs des mesures relatives à la tremblante ; - l'abattage des cohortes de bovins lorsqu'un cas d'ESB apparaît dans une exploitation (la Commission souhaite mettre fin à cette règle). (L.C.)