Bruxelles, 28/10/2009 (Agence Europe) - L'Association des Industries aérospatiales et de défense (ASD) a vivement réagi à la décision prise par le dernier Conseil « Environnement » concernant la réduction des émissions pour le secteur de l'aviation (EUROPE n° 10003). La décision, qui fait partie de la position de l'UE prise pour la conférence climatique mondiale à Copenhague, prévoit que le secteur aéronautique devrait réduire d'ici 2020 ses émissions de 10% par rapport à l'année 2005. Selon l'industrie, qui soutient un investissement massif dans la recherche/développement de nouvelles technologies propres, la décision du Conseil est trop coûteuse et trop ambitieuse. Elle risque aussi de compromettre les objectifs que le secteur aéronautique s'est fixés lui-même lors de la réunion de haut-niveau sur l'aviation internationale et le changement climatique au sein de l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale). Au cours de cette réunion, qui s'est tenue du 7 au 9 octobre à Montréal en vue de préparation de la conférence de Copenhague, l'industrie aérospatiale internationale regroupée au sein de l'ICCAIA (conseil international de coordination des associations des industries aérospatiales), avec les compagnies aériennes représentées par l'IATA (Association de transport aérien international), les aéroports regroupés dans l'ACI (Conseil international des Aéroports) et les fournisseurs de services de la navigation aérienne (CANSO) ont présenté leurs propres objectifs environnementaux à court, à moyen et à long terme. Ils visent à améliorer le rendement des émissions de dioxyde de carbone de 1,5% en moyenne par an d'ici 2020 (les émissions de CO2 étant calculées sur la base du revenu tonne-kilomètre), de stabiliser les émissions du secteur à partir de 2020 et de réduire, à l'horizon de 2050, de 50% par rapport à 2005 le niveau des émissions. « Ces objectifs sont à la fois extrêmement ambitieux et atteignables. Ils sont aussi progressifs (…). Les technologies changeant la donne que les producteurs européens développent aujourd'hui seront introduites progressivement dans la flotte aérienne et montreront leur plein potentiel dans la période 2020-2050 », a estimé François Gayet, le secrétaire général de l'ASD et président en exercice de l'ICCAIA. Et d'ajouter que d'ici cette date, l'Europe devrait « se retenir » de fixer des objectifs trop ambitieux qui « ajoutent des coûts supplémentaires aux opérations des compagnies aériennes ». (A.By.)