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Bulletin Quotidien Europe N° 9456
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

La Commission refuse le projet d'acquisition de Aer Lingus par Ryanair

Bruxelles, 27/06/2007 (Agence Europe) - Comme il fallait s'y attendre, la Commission européenne a annoncé mercredi 27 juin qu'elle rejetait le projet de concentration entre les compagnies aériennes irlandaises Aer Lingus et Ryanair en raison d'une concentration excessive sur les routes desservant la République d'Irlande. Il ne s'agit que de la vingtième fusion à être refusée par la DG Concurrence, parmi plus de 3000 notifications reçues depuis 1990. S'il n'était pas exactement surpris par ce résultat, le dirigeant de la compagnie à bas tarifs Ryanair, Michael O'Leary, s'est déclaré très déçu de la décision qu'il a qualifiée de « politique ». Devant la presse, la veille, il avait d'ores et déjà communiqué son intention de faire appel devant le Tribunal de première instance.

Mais la Commissaire à la concurrence Neelie Kroes est confiante: « La décision d'aujourd'hui repose sur une base juridique solide, et résistera à l'examen par le Tribunal de première instance en cas d'appel », a-t-elle déclaré mercredi lors d'une conférence de presse à la Commission. Elle a souligné que, étant donné la prépondérance de la nouvelle entité proposée sur 37 routes en Europe, et son quasi-monopole sur 22 d'entre elles, une hausse des prix et une baisse de qualité auraient été les conséquences inévitables de la concentration. La décision prise était donc le seul moyen de sauvegarder les intérêts du consommateur. Les discussions préalables entre Ryanair et la Commission avaient échoué, notamment sur le nombre de créneaux d'atterrissage et de décollage disponibles pour les concurrents à Dublin, ville qui ne dispose que d'un aéroport. Mme Kroes a expliqué que la domination d'un seul opérateur découragerait les nouveaux entrants, même dans le cas d'une hausse des prix excessive par cet opérateur.

En réponse aux accusations de Michael O'Leary, qui allègue un favoritisme de la Commission en faveur des opérateurs historiques et nationaux, la Commissaire a rappelé que Ryanair a elle-même joué un rôle important dans la libéralisation et la redynamisation du marché européen de l'aviation. Mais elle a aussi fait remarquer que Ryanair, à qui la libéralisation du marché a tant rapporté, n'était pas en droit de priver les voyageurs de la liberté de choisir une compagnie sur les routes desservant d'Irlande.

A noter que Ryanair détient 25% de Aer Lingus, ce qui lui confère déjà certains droits de veto dans la gestion de cette entreprise. Interrogée par la presse, Mme Kroes a fait valoir que cette participation n'était pas majoritaire, et n'était donc pas à considérer à la lumière du droit communautaire sur les concentrations. Par contre, en vertu du droit antitrust, si la Commission lance une enquête séparée, Ryanair pourrait éventuellement être obligée de se dessaisir de cette part, selon une dépêche parue mercredi dans le quotidien « Irish Times ». (cd)

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