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Bulletin Quotidien Europe N° 9456
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/economie

M. Juncker revient sur les résultats du Conseil européen et précise certains thèmes abordés par l'Eurogroupe au second semestre

Bruxelles, 27/06/2007 (Agence Europe) - Devant les députés de la commission des affaires économiques et monétaires du PE, le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, est revenu mercredi sur l'issue du Conseil européen. Le Président de l'Eurogroupe a surtout présenté quelques-uns des grands sujets qui occuperont les ministres des Finances des Treize (et bientôt quinze) Etats membres de la zone euro, dont il attend une accélération des ajustements budgétaires.

Portant « un regard mitigé sur l'ensemble des résultats » du Sommet, M. Juncker s'est néanmoins félicité d'avoir réussi à faire figurer l'Union économique et monétaire (UEM) et l'euro parmi les objectifs de l'UE (ajouté au Traite UE un article 3 bis indique en effet que « l'Union établit une union économique et monétaire dont la monnaie est l'euro »). Cette insertion ne change pas la situation pour le Royaume-Uni et le Danemark, qui continuent de bénéficier d'une dérogation, mais un pays, qui, comme la Suède, remplit les critères doit adhérer. C'est une obligation, qui ne devrait pas être soumise à référendum, a-t-il convenu avec Olle Schmidt (ADLE, Suédois). « Personne n'a demandé à rouvrir pour les moderniser les critères de Maastricht » lors du Conseil européen, a-t-il aussi assuré à la présidente de la commission du PE, Pervenche Berès (PSE, Française), précisant qu'il ne faudrait pas qu'une réflexion sur le critère d'inflation nous pousse à une réflexion sur tous les critères d'adhésion à la zone euro.

Ne partageant pas du tout les inquiétudes de Sophie in't Veld (ADLE, Néerlandaise) ou de Kurt Joachim Lauk (PPE-DE, Allemand) notamment, M. Juncker estime que l'exclusion des concepts de concurrence libre et non faussée de la liste des objectifs de l'UE « ne conduira pas un changement de politique » en la matière. Pourquoi les avoir supprimés, alors que le traité constitutionnel prévoyait initialement de les introduire en tant que tels ? Pour en faire des moyens, car « le principe en tant qu'instrument est sauvegardé », a-t-il répondu, et c'est pour cela qu'ils figurent dans un protocole et continueront de faire l'objet de nombreuses autres dispositions des Traités. Continuer à les faire figurer parmi les objectifs aurait montré que la concurrence est une fin ultime, un but qui se suffirait à lui-même, « alors qu'à l'évidence c'est un instrument aux mains des gouvernements de l'UE ».

Compte tenu de la bonne santé économique actuelle de la zone euro, les efforts budgétaires et le rythme des réformes des Etats membres devraient s'accélérer, a répété M. Juncker. Les nouvelles du marché de l'emploi sont bonnes et les taux de chômage continuent d'être corrigés vers le bas, mais on ne peut « pas se satisfaire » des niveaux atteints. De même, l'assainissement des finances publiques est en bonne voie mais la réduction de la dette publique progresse « à un rythme insatisfaisant ». Les gouvernements doivent donc s'en tenir aux engagements souscrits par les ministres des Finances de la zone euro lors de l'Eurogroupe informel de Berlin. Les principes en sont simples: atteindre au plus tard en 2010 l'objectif à moyen terme (OMT), en faisant en sorte de parvenir à un ajustement de 0,5% en moyenne par an, et affecter les recettes supplémentaires provenant de la bonne conjoncture à l'assainissement plus rapide des finances publiques. Des éléments qu'il espère voir confirmer par le Président français, Nicolas Sarkozy, qui se déplacera à l'Eurogroupe le 9 juillet prochain, a-t-il indiqué. « J'applaudis des deux mains à cette initiative » de M. Sarkozy, qui montre « la prise de conscience accrue des interrelations qu'il y a entre les politiques budgétaires des uns et des autres ».

Ainsi, le débat sur l'affectation des recettes supplémentaires issues de la croissance n'existerait pas en Italie si la dette n'était pas au niveau élevé qui est le sien. « L'Italie a une responsabilité pour la zone euro », a expliqué M. Juncker à Andrea Losco (ADLE, Italien). La coordination des politiques économiques est l'affaire des gouvernements et un Etat membre doit se préoccuper de l'impact de ses décisions sur ses voisins. « L'Italie n'est pas libre de distribuer les fruits de la croissance comme elle l'entend », a-t-il rappelé, précisant que la part des recettes inespérées qui est de nature cyclique devait servir à assainir les finances publiques.

Lors de leur prochaine informelle (à Porto, les 14 et 15 septembre), les ministres des Finances de la zone euro se pencheront sur la perception de l'euro dans l'opinion publique ainsi que sur la représentation externe de la zone euro, a-t-il annoncé. Suivra aussi en novembre un échange sur les mécanismes de formation et de distribution des salaires et des revenus en Europe. La part des salaires dans le PIB global ne cesse de baisser, ce n'est « pas très inquiétant », mais cela vaut un débat pour tenter d'expliquer ce glissement catégoriel, estime-t-il. Interrogé par Ieke van den Burg (PSE, Néerlandaise) sur l'incompréhension grandissante des salariés face aux appels répétés à la modération salariale, il reconnaît que « les gens sont en train de perdre patience ». Il faut mieux expliquer pourquoi la modération « reste nécessaire », mais les erreurs des grands chefs d'entreprise rendent impossible cette explication. « Les salariés constatent qu'ils sont invités à la modération salariale alors que d'autres acteurs de la vie économique et sociale se voient attribuer des rémunérations sans borne et sans gêne », s'est-il indigné, en martelant: « On ne peut pas expliquer que les salariés doivent se taire et aller au travail alors que les dirigeants d'entreprise vont à la caisse (…) ça ne va plus ! ». (ab)

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