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Bulletin Quotidien Europe N° 9333
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/aides d'etat

La France va devoir modifier le régime des « GIE fiscaux » dans la mesure où il constitue une aide d'Etat

Bruxelles, 21/12/2006 (Agence Europe) - A l'issue d'une enquête approfondie, la Commission européenne a conclu, le 20 décembre, que le dispositif fiscal français de financement de biens mis en location par des groupements d'intérêt économique (GIE) constitue une aide d'État. Dans un communiqué, la Commission souligne que ce régime, qui a principalement bénéficié au secteur du transport maritime, est une aide d'Etat en raison de l'avantage sélectif qu'il procure à certains secteurs et du caractère discrétionnaire de ses conditions d'octroi. Ce régime est incompatible avec le marché commun, à l'exception des aides visant à faciliter le développement du transport ferroviaire et des autres aides éventuellement compatibles en application de règles sectorielles ou régionales, estime la Commission. Quoi qu'il en soit, la récupération des aides illégales et incompatibles sera limitée à celles octroyées depuis la publication de la décision d'ouverture de l'enquête. Reste que la France doit maintenant modifier le régime des « GIE fiscaux », afin de le rendre conforme aux règles du traité CE relatives aux aides d'Etat.

Le code général des impôts français prévoit que l'amortissement fiscalement déductible d'un bien mis en location par un GIE ne peut excéder le montant du loyer perçu par celui-ci. Mais il prévoit aussi, sur agrément ministériel préalable, une dérogation à ce principe. En effet, les opérations portant sur des biens amortissables sur une période de plus de 8 ans ne sont pas soumis à cette limitation de l'amortissement. Outre le déplafonnement de l'amortissement, les opérations concernées bénéficient également d'une majoration d'un point du coefficient d'amortissement applicable habituellement au bien considéré et, éventuellement, d'une exonération de la plus-value de cession dans l'hypothèse d'une vente du bien par le GIE à son utilisateur.

La Commission considère que ces avantages favorisent clairement certains secteurs économiques, dont celui du transport, dans lesquels des biens amortissables sur plus de 8 ans sont utilisés (navires, avions, trains, etc.). Elle souligne d'ailleurs que l'analyse des travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de ce dispositif fiscal conforte cette appréciation du caractère sélectif du régime et que les autorités françaises entendaient donc clairement favoriser l'investissement maritime. Les conditions de délivrance de l'agrément ministériel étaient, en outre, discrétionnaires. Outre les utilisateurs des biens concernés, les membres des GIE, qui sont pour l'essentiel des institutions financières, sont également bénéficiaires des aides en cause. Ils conservent en effet une partie du bénéfice des avantages fiscaux.

Au cours de l'enquête, de nombreux bénéficiaires du régime en cause appartenant aux secteurs du transport maritime et aérien, mais également financier, ont fait valoir leur point de vue et exprimé leurs vives préoccupations quant à l'issue de la procédure. En dépit de l'illégalité du régime fiscal en cause - la France ne l'ayant pas notifié alors qu'elle y est pourtant contrainte par le Traité -, la Commission a limité la récupération des aides à celles qui pourraient avoir été octroyées postérieurement à la publication de la décision d'ouverture de la procédure formelle d'examen le 13 avril 2005. L'existence de circonstances exceptionnelles, tenant notamment au fait que la Commission avait été informée de l'existence du régime à l'occasion de l'instruction de plaintes concernant le financement de navires, justifie cette limite temporelle à la récupération des aides. Pour la Commission, une autre solution aurait en effet été contraire au principe de sécurité juridique. (ol)

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