Bruxelles, 28/11/2006 (Agence Europe) - En marge d'une conférence sur l'énergie à Oran dimanche dernier, le Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs et le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil ont finalisé les plans du futur accord de partenariat énergétique stratégique entre l'UE et l'Algérie. De source proche du Commissaire, ces plans seraient déjà « biens avancés au plan technique » mais les termes précis du futur mémorandum d'entente euro-algérien sont encore en négociation, aucune date pour la signature n'étant précisée à ce stade. Si, selon M. Piebalgs, le partenariat énergétique doit se concentrer sur trois aspects que sont la convergence des politiques énergétiques à travers la convergence des cadres réglementaires, le développement d'infrastructures d'intérêt commun et la coopération technologique, son objectif principal est clair: assurer la sécurité de l'approvisionnement énergétique de l'UE et celle des débouchés énergétiques pour l'Algérie. Le futur accord de partenariat euro-algérien vise d'abord à accroître l'approvisionnement du marché communautaire en hydrocarbures, en gaz (augmentation des fournitures de près de 29 milliards de mètres cube par an d'ici 2010, ce qui se traduira par un doublement des livraisons actuelles) et pétrole (aujourd'hui, 90% du brut algérien est déjà destiné au marché ouest européen), en GNL (augmentation des fournitures de près de 6 milliards de mètres cubes par an d'ici 2010) et en électricité (renforcement de l'interconnexion entre l'Europe et l'Algérie via deux câbles sous-marins de transmission d'électricité reliant le pays à l'Espagne et à l'Italie). Sous les termes de l'accord, l'UE devrait par ailleurs apporter un soutien financier à la construction de deux nouveaux gazoducs sous-marins qui transporteront le gaz algérien vers l'Espagne (le Medgaz) et l'Italie (via la Sardaigne, le Galsi). L'UE va également apporter un soutien financier à la construction du gazoduc trans-saharien (pipeline long de 4 128 kilomètres qui pourrait voir le jour en 2015) pour transporter du GNL du Nigeria - via le Niger et l'Algérie - vers l'Europe. Ce projet, au coût estimé de 13 milliards de dollars, qui permettrait d'approvisionner le marché communautaire de 20 à 30 milliards de mètres cube de gaz par an, « contribuerait à la fois à la sécurité énergétique de l'UE et au développement de ces pays », a indiqué M. Piebalgs à Reuters. La BEI doit examiner ce projet considéré par des analystes comme très risqué, car, même si le pipeline devrait être en grande partie souterrain, il sera très exposé à l'agitation dans le delta du Niger, au banditisme, aux révoltes séparatistes et aux groupes affiliés à Al-Qaida au Sahara. Enfin, l'accord de partenariat devrait accorder une place non négligeable aux renouvelables (soutien européen au plan de développement de l'énergie solaire dans le Sahara algérien pour produire de l'électricité en partie destinée au marché communautaire) et à l'efficacité énergétique par le biais de la coopération technologique. (eh)