Bruxelles, 28/11/2006 (Agence Europe) - Le Conseil est parvenu mardi à un accord politique sur le mandat externe de la Banque européenne d'investissement (BEI), accordant sa priorité à un soutien aux pays de la périphérie de l'UE. Le Président de la BEI, Philippe Maystadt, s'est réjoui devant la presse de cette « très bonne décision, bien équilibrée ». De 33 milliards d'euros dans la proposition initiale de la Commission, le montant global des financements disponibles pour les actions de la Banque hors de l'UE a finalement été ramené à 27,8 milliards d'euros pour 2007-2013 (25,8 milliards auxquels s'ajoute une enveloppe supplémentaire de 2 milliards).
Les ministres des Finances ont ainsi approuvé le compromis avancé par la Présidence finlandaise, qui s'alignait à peu de choses près sur l'option la plus basse défendue par une majorité de pays (EUROPE n° 9283). Alors que les discussions précédentes avaient aussi beaucoup porté sur la ventilation régionale, la part la plus importante (12,4 milliards d'euros) des montants disponibles revient aux pays du voisinage, à savoir les douze Etats du processus de Barcelone (Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité palestinienne) et ceux de l'est (Russie, Ukraine, Moldova et Bélarus, ainsi que Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie, où la BEI coopérera avec la Banque européenne de reconstruction et de développement). Les pays éligibles à la pré-adhésion (Croatie, Turquie, Macédoine, mais aussi Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro ou Kosovo) obtiennent 8,7 milliards d'euros. L'enveloppe accordée à l'Asie est fixée à 1 milliard et celle pour l'Amérique latine à 2,8 milliards. Jusqu'à présent limité au soutien d'entreprises européennes investissant sur place, le mandat de la BEI a été élargi pour permettre aussi désormais des prêts en faveur de projets liés à l'environnement et à la sécurité énergétique dans ces pays, même si les investissements ne sont pas effectués par une société européenne. L'Afrique du Sud, qui n'est pas partie à l'accord de Cotonou et ne peut prétendre aux financements en faveur des pays ACP, se voit attribuer une enveloppe spécifique de 900 millions d'euros. Cette somme aurait pu être plus importante étant donné le nombre de projets de qualité qui sont envisagés dans le pays, a néanmoins souligné M. Maystadt. Une décision formelle du Conseil est attendue avant l'expiration du mandat actuel fin janvier 2007. (ab)