Bruxelles, 16/06/2005 (Agence Europe) - Alors que la Présidence luxembourgeoise souhaite éviter un nouveau débat de fond sur l'élargissement de l'UE lors du Conseil européen de ces jeudi et vendredi (EUROPE n° 8967), le Premier ministre français Dominique de Villepin a estimé mercredi devant l'Assemblée nationale que le « non » français à la Constitution devait conduire l'UE à « ouvrir une réflexion sur les modalités des élargissements futurs ». « La rapidité de l'élargissement, si elle a répondu à un véritable impératif historique », a aussi « heurté beaucoup » de Français. « Ce sentiment s'est exprimé le 29 mai. Nous devons en tenir compte », a-t-il souligné. Sans mentionner les deux candidats officiels qui n'ont pas encore commencé leurs négociations d'adhésion (Turquie et Croatie), le Premier ministre a cependant souligné que « les engagements pris à l'égard de la Bulgarie et de la Roumanie seront tenus, en veillant avec une attention particulière au respect des critères fixés ». « Mais au-delà, nous devons certainement ouvrir une réflexion avec nos partenaires, dans le respect de nos engagements, sur les modalités des élargissements futurs », a-t-il dit. « En l'absence d'institutions adaptées pour faire fonctionner une Europe élargie, la question du lien entre élargissement et approfondissement est désormais posée », a insisté Dominique de Villepin, pour qui « il appartiendra aux Européens d'en tirer ensemble les leçons au cours des prochains mois ».
Entre-temps, à Berlin, Angela Merkel, candidate de la CDU à la chancellerie aux élections anticipées du Bundestag en septembre prochain, a affirmé jeudi lors du débat du Parlement sur le Sommet: « Il serait totalement irresponsable de négocier avec la Turquie sur dix ans, maintenant ainsi l'espoir d'une adhésion pleine et entière, tout en sachant qu'il n'y aura jamais de majorité pour une telle décision dans les pays qui projettent (de soumettre la question) à référendum » (…). « C'est une politique (…) irresponsable que nous n'accepterons pas ».