Bruxelles, 16/06/2005 (Agence Europe) - A l'issue de sa réunion des 14 et 15 juin à Bruxelles (voir EUROPE n°8968), le comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) a adopté une déclaration dans laquelle il demande aux chefs d'Etat et de gouvernement d'agir d'urgence pour répondre concrètement aux revendications des travailleurs, tout en continuant à soutenir le projet européen et le processus d'élargissement de l'UE. Sur fond de toile du « non » de la France et des Pays-Bas à la Constitution européenne, la CES estime que les chefs d'Etat et de gouvernement doivent à présent montrer qu'ils sont capables de: 1) parvenir à un accord sur les perspectives financières, avec un programme substantiel pour la croissance, les investissements et la recherche, sur la base de contributions équitables pour tous les Etats membres et d'un engagement clair en faveur de la cohésion sociale et régionale et de la solidarité ; 2) regagner la confiance des citoyens européens en intégrant la dimension sociale dans les politiques européennes (par exemples dans les directives sur les services, le temps de travail, les services portuaires, ou dans la politique industrielle) et en menant un exercice de consultation où tous les sujets qui préoccupent les citoyens soient franchement abordés.
Vladimir Spidla: « il faut définir les nouveaux équilibres entre flexibilité et sécurité »
Aux référendums sur la Constitution, « la question sociale a été au cœur du jugement des électeurs sur l'Europe, et de cela, il faudra tenir compte », a déclaré le Commissaire chargé de la Politique sociale, Vladimir Spidla, dans son intervention devant le comité exécutif. « Les Européens attendent de l'Union qu'elle prenne en compte leurs préoccupations (…) à commencer par la création d'emplois de qualité », a souligné M. Spidla en précisant: « C'est le message essentiel que je retiens des deux référendums français et néerlandais. Ils ont abouti malheureusement au rejet des avancées sociales que contenaient le Traité constitutionnel et, ce qui est plus grave, au rejet d'une Europe plus politique ». Il faut à présent « définir les nouveaux équilibres entre flexibilité et sécurité dont l'Europe a besoin pour s'adapter à l'économie mondialisée, aux changements démographiques et aux mutations technologiques », a noté le Commissaire, pour qui « nous pouvons relever ces défis grâce à la mise en œuvre des lignes directrices pour l'emploi ». M. Spidla a dit espérer que des initiatives concrètes viendront du prochain séminaire des partenaires sociaux sur le vieillissement actif et de leurs discussions sur les suites à donner au pacte européen pour la jeunesse, lors du prochain Comité du dialogue social.
Autre dossier-clé pour le Commissaire: la gestion des restructurations d'entreprises. « Nous devons aujourd'hui inventer des formes nouvelles, efficaces et flexibles d'accompagnement des restructurations à l'échelle de notre continent. Nous devons mobiliser tous nos instruments », a martelé Vladimir Spidla en citant les fonds structurels et le Fonds social européen. Cette action doit être soutenue par des initiatives des partenaires sociaux européens, a insisté M. Spidla en les invitant à participer au Forum sur les Restructurations, dont la première réunion est prévue pour fin juin - début juillet (voir EUROPE n°8925). Le Commissaire a aussi annoncé que 2006 sera l'Année européenne de la mobilité, « un droit fondamental du citoyen européen » et appelé les partenaires sociaux à s'y associer en présentant des projets.