Bruxelles, 16/06/2005 (Agence Europe) - La commission politique, de sécurité et des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire EuroMed (APEM), créée dans le cadre du processus de Barcelone, réunie le 15 juin à Bruxelles, a salué le résultat de la session ministérielle EuroMed, fin mai à Luxembourg (EUROPE n° 8960). Elle a aussi débattu de son mode de fonctionnement et de la structure de ses groupes de travail. La séance a été marquée par une intervention de Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la PESC, qui à la fois a précisé la position européenne dans la recherche d'une solution de paix au Moyen-Orient et souligné la priorité qu'entend donner l'UE aux aspects politiques, de sécurité et de construction de la démocratie dans ses rapports futurs avec les pays de la Méditerranée. La sécurité serait mieux assurée en luttant contre la pauvreté et l'injustice, a-t-il dit, en estimant aussi que l'accentuation des réformes politiques est une tâche primordiale. M. Solana a relevé la nécessité de mobiliser la plus large gamme d'acteurs (gouvernants, parlementaires, société civile) pour assurer le succès du processus EuroMed et pour relever ensemble les défis communs. Il a en particulier souligné le rôle des parlementaires dans leur tâche de contrôle démocratique du processus et des financements qui lui sont attribués.
Au cours des débats, focalisés sur la question des droits de l'homme, de fortes divergences sont apparues sur la manière de concevoir ce volet des travaux (sur le fond comme sur l'organisation des débats). Du côté parlementaire européen, on fait valoir que cela ne vise pas que les pays de la rive sud. L'exemple de l'Italie, mise en accusation pour ses projets de camps de rétention dans des pays tiers, a été cité. Sur l'organisation générale des travaux de l'APEM, les représentants des parlements nationaux communautaires ont demandé d'être davantage informés et impliqués et ils ont annoncé la création d'une « coordination » spécifique, à l'initiative du député belge Patrick Moriau. Sur le Moyen-Orient, les membres de l'APEM ont entendu M. Solana assurer la volonté européenne d'accompagner le processus de réactivation de la « feuille de route » et son engagement personnel, sur le terrain, dès juillet, pour veiller au bon déroulement du désengagement israélien de Gaza (EUROPE n° 8969). M. Solana a aussi souligné, en réponse à un député syrien, que la paix souhaitée par l'UE doit être « globale » et concerner aussi bien la Palestine que le Liban ou la Syrie (Golan). Les membres de l'APEM ont l'intention de recommander au bureau de l'Assemblée, présidée par Josep Borrell, président du Parlement européen, de tenir une session spéciale les 6 et 7 novembre à Jéricho ou à Ramallah (jugée politiquement plus symbolique) à la veille de la célébration du 10ème anniversaire de la déclaration de Barcelone. Israël n'y est pas opposé, a affirmé le délégué israélien qui est vice-président de la commission politique et de sécurité de l'APEM. Majalli Wehbee, député arabe de la Knesseth, a, à de nombreuses reprises dans ses interventions (en hébreu), appelé les pays arabes à nouer des liens directs avec Israël et les députés arabes sont même invités à se rendre ensuite à la Knesseth s'ils vont à Ramallah en novembre.